MHTS Newsletter - Septembre 2022

Publié le par Études Antimodernistes

Par Mgr Donald J. Sanborn.

 

Most Holy Trinity Seminary Newsletter, Septembre 2022.

EtudesAntimodernistes.fr, Octobre 2022.

 

Mgr. Sanborn explique avec sa logique habituelle comment le retard dans l’installation du séminaire est dû au communisme en Chine (si, si!). Il nous montre surtout la décadence du monde moderne et comment le modernisme conduit à l’acceptation progressive des péchés contre-nature. Bien sûr nous ne voulons rien avoir à faire avec les loups, cachés sous leur soutane blanche qui leur sert de peau de brebis, qui remplacent le catholicisme par la religion de l’homme. La foi nous impose de ne pas leur donner le nom de Pape. Ce n’est pas là question d’opinion!

MHTS Newsletter - Septembre 2022

Décadence du monde moderne et refus total de Vatican II.

 

Bien chers fidèles,

     J'aurais souhaité écrire cette newsletter depuis notre nouvel établissement à Reading en Pennsylvanie. Malheureusement, nous sommes toujours en Floride. Je dis malheureusement, car notre présence ici pose un sérieux problème pour l'école que nous dirigeons ici, à Brooksville.

Comme je l'ai indiqué dans mon dernier bulletin, le nombre d'élèves dans notre école locale a augmenté considérablement. Le nombre d'étudiants en ligne a aussi augmenté de façon importante. Pour cette raison, il était impératif que notre école locale s’installe dans les locaux du séminaire, non seulement pour avoir plus de place pour les élèves, mais également plus d'espace pour les équipements électroniques que nous utilisons pour l'école en ligne.

Une des classes dans les nouveaux locaux.
Une chambre de séminariste.

Notre bâtiment en Pennsylvanie n'est pas prêt pour de nombreuses raisons. L'une d'elles, je pense, est l'optimisme excessif de l'entrepreneur général. Quand j'ai inspecté le bâtiment en mai, je lui ai demandé: « Pensez-vous vraiment que ça sera prêt dans un mois ? » (Ils avaient, à l’origine, estimé que le bâtiment serait fin prêt au milieu du mois de juin). Il m'a répondu: « Eh bien, peut-être au milieu du mois de juillet ». J'étais encore très sceptique, mais étant donné mon peu d’expérience dans ce genre d'affaire, je l'ai pris au mot. Maintenant, nous sommes milieu septembre et le remodelage touche seulement à sa fin.

L'autre problème ce sont les pénuries. Tout le monde connaît des pénuries en ce moment. Malgré ce que les médias peuvent vous dire, l'économie marche du tonnerre et l'industrie de la construction est très occupée. Les gens prennent des vols à une fréquence sans précédent et achètent leur billet extrêmement cher. Le problème de pénurie est dû, non seulement à la hausse de la demande, mais aussi au fait que beaucoup de composants sont importés de la Chine Communiste. Pour une raison ou une autre, la Chine est en retard dans la production certains éléments nécessaires. Et l'absence d’une simple puce électronique peut retarder la livraison d’un équipement nécessaire pour un projet immobilier.

C’est ce que nous avons expérimenté au mois d'août quand nous manquions d'une puce made-in-China pour une de nos alarmes incendie [exigées par la législation]. Nous avons résolu le problème en utilisant des alarmes montées au plafond pour les pièces qui, normalement, ont des alarmes montées au mur. Au moment d'écrire ces lignes, cependant, le retard occasionné est dû à un panneau électrique en commande depuis janvier, mais dont la livraison a été ajournée plusieurs fois,  livraison maintenant ‘promise’ pour novembre. Cette livraison sera-t-elle encore repoussée ? Personne ne le sait. Il vient du Texas, mais peut-être que nous subissons ce retard à cause des communistes d’une façon ou d’une autre.

Je me souviens d'un temps où les États-Unis ne reconnaissaient même pas diplomatiquement la Chine Communiste. Il n'y avait même pas d’échanges commerciaux. La Chine était un désert économique. Ses produits étaient de mauvaise facture. Puis ce fut la fin des années 1970, le disgracieux Nixon se rendit en Chine afin de « l'ouvrir au monde ». L'idée était de faire en sorte que les entrepreneurs américains puissent profiter du travail d'esclave ou de semi-esclave de l'état communiste, et par là enlever à notre pays la capacité de produire ce dont il avait besoin. Il y eut une réduction considérable de la manufacture aux États-Unis.

À l'époque, je pensais que c'était un choix très imprudent de la part du gouvernement. Car le commerce qui en naîtrait alors ferait de la Chine une économie mondiale, pensai-je alors, avec pour résultat que la Chine deviendrait en définitive notre ennemi commercial, et nos capacités de manufactures seraient entre les mains de nos ennemis.

C'est précisément ce qui est arrivé maintenant, quelques décennies plus tard. Il est très probable, à mon avis, que nous connaîtrons une guerre contre la Chine dans le futur. Pouvez-vous imaginer, la quantité de pénuries qu'il y aura quand cette guerre surviendra ? Aussi cette « ouverture » de la Chine a amené un nombre incalculable d'espions dans notre pays, et également des individus corrompus dans notre gouvernement, recevant de généreux pots-de-vin de la part des communistes. Je pense que vous voyez de qui je veux parler. Ces ennemis communistes rachètent toutes nos terres agricoles, et personne dans le gouvernement ne semble s'en soucier. Imaginez la panique quand nos rayons de supermarché seront vides.

Notre retard, par conséquent, à occuper les nouveaux bâtiments du séminaire est donc largement dû aux communistes en Chine, et à combien le gouvernement est devenu mauvais ces dernières décennies.

Les prêtres irlandais se lamentent au sujet des vocations qu'ils reçoivent. Dr. Taylor Marshall a mis en ligne une vidéo, il y a quelques semaines, d'un vieux prêtre assis à son bureau dans une chemise de sport à carreaux et gilet cardigan. C'était le cliché parfait du prêtre Novus Ordo. Un produit des années soixante, sa grande priorité n'était pas l'Irlande à court de vocation, (seulement quatre nouveaux séminaristes cette année dans toute l'Irlande qui n'as plus qu'un séminaire maintenant) mais plutôt que ces séminaristes étaient de la mauvaise catégorie. « Ils voulaient porter la soutane », et « parler du péché » disait-il. Puis vint la plus terrible des accusations: « Ils voulaient célébrer la messe en latin ».

J'ai reçu aussi un appel téléphonique d'un homme en Irlande qui m'a dit que les clercs Novus Ordo de son pays disaient que « les sédévacantistes crieront au fond de l’enfer ». Ironiquement, le monsieur en question ne croit pas à l'enfer, mais il y a des exceptions, je suppose.

Pourquoi y a-t-il autant de haine envers les sédévacantistes de la part des modernistes ? Parce que les sédévacantistes tirent une flèche dans le cœur de Vatican II. Aucune autre position dans le mouvement traditionnaliste ne fait cela. La réussite des modernistes dans leur subversion de la foi catholique à l'échelle mondiales relève de deux causes : (1) le fait que les doctrines modernistes ont été ratifiées et promulguées par un concile général, connu sous le nom de Vatican II ; (2) le fait que des « papes » ont été élus et ont enseigné universellement ces doctrines et ont insisté pour que tous les adoptent. Toutes les autres convictions, tel que la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, les différents groupes Ecclesia Dei telle que la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre et ceux qui promeuvent les messes de l’Indult acceptent Vatican II et reconnaissent la hiérarchie Novus Ordo comme ayant le pouvoir d'enseigner, gouverner, et sanctifier au nom du Christ.

Soit ils sont en communion avec le Novus Ordo, soit ils aspirent à s'unir au Novus Ordo, ce qui est le cas de la Fraternité Saint Pie X. Ce qui les caractérise tous, c'est cette volonté d'accepter la légitimité de Vatican II, peu importe les erreurs qu'ils puissent y percevoir, la légitimité des « papes » qui l'ont promulguée, et les réformes désastreuses qui ont détruit l'Église Catholique.

Pour cette raison, la hiérarchie Novus Ordo ne vomit pas ses fulminations vitrioliques sur eux, puisqu'ils font, dans une plus ou moins grande mesure, « parti du club ». Le Novus Ordo sait que, tant qu'ils reconnaissent la légitimité de Vatican II et l'autorité de sa hiérarchie, la guerre est déjà gagnée sur le long terme. Ces groupes deviendront éventuellement la « High Church » du Novus Ordo, sous son contrôle le plus total.

Vatican II doit être condamné. Il ne peut pas survivre de quelques manières que ce soit en tant que concile Catholique. Il y a eu des exemples précédents dans le passé. Le Pape Saint Léon I (Saint Léon le Grand, 440-461), condamna le second Concile d'Ephèse comme un « concile de voleur » parce qu'il était infesté par l'hérésie Nestorienne. Ce fut un concile d'ecclésiastiques criminels, en d'autres termes. Une part du Concile de Constance fut rejetée pour ses attitudes et ses doctrines conciliaristes (anti-papales). Le Concile de Bâle fut aussi rejeté.

Toute l'autorité du concile vient de son approbation et de sa promulgation par le Pape. Tous les évêques du monde entier pourraient être réunis en concile, leurs enseignements et promulgations vaudraient zéro tant qu'elles ne seraient pas acceptées, approuvées, et promulguées par le Pontife Romain. Les conciles d'évêques (sans Papes) ne sont en aucune manière protégés par l'infaillibilité dans leurs doctrines. Les sédévacantistes tiennent pour vrai que les « papes » de Vatican II n'ont jamais reçu l'autorité pour régner sur l'Église dans le but d'accomplir le dessein qu'ils prévoyaient, c'est-à-dire, précisément, d'user de cette supposée autorité pour imposer le modernisme à toute l’Église. Par exemple, si le capitaine d'un bateau à l'intention de le faire couler, par ce simple fait, il n'a pas le droit de commander ce bateau. C'est du bon sens. Une fois son intention découverte, l'équipage l'enfermerait dans la cale.

Considérons ce cas d'il y a quelques années, quand le pilote d'un avion commercial allemand décida d’écraser son avion sur une montagne, tout ça parce qu'il s'était disputé avec sa petite amie. Si la compagnie aérienne avait eu connaissance de son intention, elle ne l'aurait pas laissé prendre les commandes. La raison sous-jacente de ce pourquoi une mauvaise intention est incompatible avec l'autorité, est que l'autorité, en sa véritable nature, trouve son but dans l'accomplissement du bien commun de la société à la tête de laquelle elle est placée. En conséquence, avoir une intention contraire au bien essentiel d'une société, c'est contrecarrer le vrai but de l'autorité, et la rendre donc non-existante.

Puisque le modernisme, selon saint Pie X, est le pire ennemi que l’Église n’ait jamais affronté, nous estimons que l’intention de promouvoir le modernisme dans L’Église est une trahison de la pire espèce, l’œuvre des ennemis de l’Église, et du diable lui-même. Il est donc impossible que Vatican II fasse autorité, et impossible que les « papes » de Vatican II aient autorité de gouverner l’Église. Car l’Église est à la fois infaillible et indéfectible. Si nous accordons une autorité quelconque à Vatican II et à sa hiérarchie, nous sommes tenus logiquement de dire que L’Église n’est ni infaillible ni indéfectible. Or, cela est une hérésie. Par conséquent, nous sommes obligés par la foi de conclure qu’il est impossible que Vatican II soit un vrai concile, ou que la hiérarchie de Vatican II ai le pouvoir du Christ pour gouverner l’Église.

Nous ne pouvons donc pas nous en tenir à « l’opinionisme », comme beaucoup le font, c’est-à-dire à affirmer que la question de savoir si les « papes » de Vatican II sont de vrais papes ou non est une  simple question d’opinion. Parce que notre foi dans l’infaillibilité et l’indéfectibilité de l’Église exige la conclusion que ces hommes ne peuvent pas être vrais papes. Cela ne peut pas être une question d’opinion de savoir si l’Église a fait défection ou non. Même en appeler au doute quant à l’indéfectibilité de l’Église est, en soi, une hérésie.

La sodomie est maintenant approuvée. Les évêques allemands ont récemment dit que les actes sodomites n'étaient pas peccamineux. Un Brésilien élevé récemment au cardinalat a fait une déclaration plus modérée, à savoir que les actes sodomites sont immoraux seulement pour les chrétiens. Donc c'est sans problème pour les païens. La conclusion qui résulte de ces affirmations est que Dieu a eu tort de punir les sodomites pour leur sodomie, puisqu’ils étaient païens, et n’avaient pas eu la révélation divine. C'est réduire le péché à une simple offense contre la loi divine positive, c’est-à-dire contre quelque chose que Dieu commande ou interdit, non pas parce que cela fait partie de la loi naturelle, mais parce que Dieu le veut ainsi. Par exemple, le vol est contraire à la loi naturelle, à savoir contre la justice. Mais le fait que nous ne pouvons pas nous adonner au travail servile non-nécessaire le dimanche n’est pas basé sur la loi naturelle, mais purement sur la volonté de Dieu. Tous les péchés de la chair sont des péchés parce qu’ils sont contraires à la loi naturelle [et non seulement parce que Dieu a voulu interdire ces choses.] La loi naturelle dit que toute utilisation des facultés génératrices doit servir à la reproduction des êtres humains. Toute exclusion délibérée de cette fin est un péché contraire à la nature. Pour cette raison, la contraception, les péchés solitaires, la sodomie et la bestialité sont tous des péchés contre nature. C’est la doctrine Catholique.

Un article intéressant de 1983. Alors que je préparais notre déménagement à Reading, je suis tombé sur un article qui m’a été donné il y a des années. Il est apparu dans The Humanist, numéro de janvier/février 1983. Il est intitulé « Une religion pour un nouvel âge ». Il est écrit par un certain John J. Dunphy, alors âgé de vingt ans, qui semble être un catholique baptisé, à la fois de par son nom et de par ses remarques sarcastiques constantes au sujet de la Foi Catholique. Il ressort toutes les calomnies anticatholiques habituelles, Galilée, etc., accusations, qui ont depuis longtemps été répondues et réfutées.

Son thème est essentiellement que le christianisme, et particulièrement le catholicisme romain, doit être éliminé comme quelque chose de vétuste et nuisible aux droits des individus, surtout ceux des femmes, des sodomites, et les personnes pratiquant la contraception artificielle. Bien sûr, il rejette le créationnisme, l’idée que Dieu a créé l'univers à partir de rien, mais étrangement n’offre aucune alternative au problème évident de comment quelque chose puisse venir de rien, ce qui est l'épine dorsale ou principe sur lequel repose la mythologie évolutionniste démente et ridicule.

Il appelle à une nouvelle religion, une religion de l’humanité. « Si Dieu a échoué dans son rôle de policier cosmique, dit-il, et, si le christianisme n’a pas su protéger la dignité de l’humanité et les droits inaliénables de tous — et qui peut contester l’une ou l’autre hypothèse — alors une alternative viable aux deux doit être recherchée. Cette alternative est l’humanisme. »

Rien de nouveau sous le soleil. Ces idées sont vieilles comme le monde. Elles ont été rendues populaires au dix-neuvième siècle par Karl Marx et ses collègues communistes, Nietzsche et plusieurs autres. « L'humanité est Dieu » est un slogan qui n’est pas neuf. Woodrow Wilson a dit : « Le christianisme n’a pas réussi à unir les peuples. Nous réussirons, je l’espère, par la Société des Nations. » La Société des Nations a fait un excellent travail pour unifier les peuples, n’est-ce pas ? Presque aussi bien que les Nations Unies!

Cette idée que l’humanité peut se perfectionner, et faire de la terre un endroit parfait où vivre, implique la négation de la doctrine du péché originel et de ses effets dévastateurs, aussi bien que la négation du besoin d'un Sauveur pour l'humanité, un Rédempteur, et des dons subséquents, la grâce actuelle et la grâce sanctifiante. On en revient au paradis terrestre : « Vous serez comme des dieux. » En d’autres termes, l’homme, en se rendant un culte à lui-même, peut faire de la terre un paradis sans Dieu. Nous voyons cette idée dans les différentes déclarations de Bergoglio, qui, à mon avis, ne croit pas en Dieu, mais en l’humanité. Il ne dit presque rien qui ne prêche la déification de l’humanité et de la terre.

Ce qui fait froid dans le dos dans cet article, toutefois, est que l'auteur appelle à répandre sa nouvelle religion par le moyen des écoles publiques :

Je suis convaincu que la bataille pour le futur du genre humain doit être menée et gagnée dans les classes des écoles publiques par des enseignants qui perçoivent correctement leur rôle de prosélytes d’une nouvelle foi : une religion de l’humanité qui reconnaît et respecte l’étincelle de ce que les théologiens appellent la divinité, dans chaque être humain. Ces enseignants doivent incarner le même dévouement désintéressé des prédicateurs fondamentalistes les plus enragés, car ils seront ministres d’une autre sorte, en utilisant la salle de classe au lieu de la chaire pour transmettre des valeurs humanistes quelle que soit la matière qu’ils enseignent, peu importe le niveau d’éducation… La salle de classe doit être et sera une arène de conflit entre l’ancien et le nouveau — le cadavre en décomposition du Christianisme, avec tous ses maux adjacents et sa misère, et la nouvelle foi de l’humanisme, resplendissante dans sa promesse d’un monde dans lequel le jamais réalisé idéal chrétien d'« aime ton prochain » sera finalement atteint.

Ces mots ont été écrits il y a trente-neuf ans, et comme ils se sont réalisés à notre époque ! Les enseignants des écoles publiques se voient non seulement comme des transmetteurs de compétences académiques, mais comme des grands-prêtres d’une nouvelle religion de l’humanisme, auto-consacrée, qui conduit l’humanité vers le chemin prometteur de la paix et de la fraternité. La récente recrudescence du transactivisme, enseigné maintenant aux petits, en est un exemple parfait. Car il nie la nature, et en niant la nature, il nie l’auteur de la nature. En d’autres mots, vous pouvez être ce que vous voulez être, indépendamment de comment Dieu vous a fait. Vous serez comme des dieux, ayant la connaissance du bien et du mal. Autrement dit : vous déciderez de ce qui est bon et mauvais, pas Dieu.


 

Sincèrement vôtre dans le Christ,

Mgr. Donald Sanborn

Recteur

(1) Au moment où nous publions cette traduction le déménagement est terminé et les cours viennent de reprendre.

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MHTS Newsletter - Août 2022

Publié le par Études Antimodernistes

Dans sa lettre aux amis et bienfaiteurs Monseigneur Sanborn explique le choix de la consécration d'un nouvel évêque. Il donne ensuite quelques nouvelles de l'installation du séminaire en Pennsylvanie, puis, comme à son habitude, il détaille quelques points d'application de la vie chrétienne dans le monde moderne.

MHTS Newsletter - Août 2022

Bulletin du Séminaire de la Très Sainte Trinité

- Août 2022 –

 

Par Mgr Donald J. Sanborn

 

Most Holy Trinity Seminary Newsletter, Août 2022.

EtudesAntimodernistes.fr, Septembre 2022.

 

Annonce d’une consécration épiscopale.

 

Bien chers fidèles,

 

Nous avons cette fois le plaisir de vous annoncer la prochaine consécration épiscopale de l’abbé Germán Fliess, prévue pour le 30 novembre de cette année à Brooksville en Floride. Nous avons décidé de procéder à cette consécration pour être certains que l’Institut Catholique Romain, ses séminaristes et ses fidèles ne soient jamais privés des services d’un évêque, particulièrement en ce qui concerne la continuation d’un sacerdoce et d’un épiscopat valide.

Cependant, ce n’est pas seulement la validité des ordres qui est concernée. Nous désirons aussi ordonner et consacrer un clergé qui soit bien formé, à la fois spirituellement et académiquement et qui jouit d’une bonne réputation. Le sacerdoce et l’épiscopat catholique peuvent être comparé à de l’or vingt-quatre carats en ce qu’ils sont des cadeaux qui nous viennent directement du Saint-Esprit. Que ce soient de grands saints ou les pêcheurs les dépravés qui en soient revêtus, cela ne change rien à leur dignité spirituelle suprême. Tout comme l’or, le sacerdoce et l'épiscopat ne change pas, ne se ternissent pas, ne rouillent pas ou ne perdent pas leur excellence intrinsèque, quoi qu'il en soit de celui qui les possède. Puisque ces dons sont si grands par leur nature, explique le Droit Canon, il convient que celui qui les possède soit de mœurs irréprochables et de la plus grande piété, et suffisamment instruit en philosophie et en théologie. C’est pour cette raison que notre séminaire fonctionne selon des normes élevées, au mieux que nous pouvons, nous améliorant toujours dès que nous le pouvons.

Un bon prêtre bien instruit peut attirer les non-catholiques et les modernistes à la foi catholique seulement par sa piété, sa dignité, sa connaissance, ses bonnes mœurs et sa recherche de la perfection. À l’opposé, bien qu’un catholique convaincu puisse fermer les yeux sur les fautes, même sérieuses, d’un prêtre, ne voyant en lui que le sacerdoce, les plus faibles peuvent facilement être déroutés par de tels abus. C’est pour cela que nous nous efforçons de faire sortir de notre séminaire des prêtres et des évêques ayant toutes les qualités que j’ai mentionnées.

L’abbé Fliess est un tel prêtre. Tous ceux qui le connaissent peuvent en témoigner. C’est un prêtre zélé dans le ministère, humble, obéissant, discret, très intelligent, absolument ferme et abhorrant le modernisme sans compromission. Il est profondément instruit en théologie et enseigne l’Écriture Sainte, le Latin, le Grec et l’Hébreu au séminaire. En fait, il est si humble que lorsque nous lui avons demandé d’être consacré évêque, sa première réaction fut de dire qu’il ne pouvait accepter aucune position d’autorité ou de gestion. Nous l’avons assuré que nous le préserverions de ces positons et qu’il ne ferait que donner les sacrements.

MHTS Newsletter - Août 2022

S’il-vous-plaît, gardez l’abbé Fliess dans vos prières, car l’épiscopat est un lourd fardeau. La vie même de l’Église - la prêtrise, la messe, la Sainte Eucharistie et l’épiscopat lui-même - est entre les mains d’un évêque consacré et les comptes qu’il devra rendre à Dieu sont mille fois plus grand. L’Église s’élève ou s’abaisse en fonction de comment ses prêtres s’élèvent ou s’abaissent, et ce sont les évêques qui choisissent et ordonnent les prêtres.

 

Avancée de la restauration du nouveau séminaire à Reading (Pensylvanie). La rénovation a continué avec rapidité pour faire en sorte que notre rentrée des classes le 15 septembre dans ces locaux devienne réalité. Nous avons fait transporter à Reading toute notre bibliothèque d’environ quinze mille livres. Nous attendons l’arrivée des étagères qui sont en train d’être  construite par Mike Gough, un paroissien du Michigan. Pour s’adapter à un plafond bas, il va aussi raccourcir les étagères de huit pieds de haut que nous avions en Floride et que lui-même avait fabriquées. Nous devrons répartir les livres dans tout le bâtiment, car il n’y a pas de pièce suffisamment grande pour tous les contenir. Mais cela n’est pas un problème.

Cartons contenants quelques-uns des milliers de livres attendant d’être rangés dans nos étagères

Cartons contenants quelques-uns des milliers de livres attendant d’être rangés dans nos étagères

Comme dans tout projet immobilier, notre remodelage des bâtiments a subi des retards, mais rien d’insurmontable. Occasionnellement, il y avait des manques de stock de matériels. Par exemple, nous avons été en manque de panneaux électriques, parce que quand il y a des rumeurs de pénuries, les gros entrepreneurs du bâtiment achètent toutes les réserves pour ne pas être en manque dans leurs énormes projets.

Pourquoi, y a-t-il des pénuries dans notre pays? Je pensais que ce n’était que l’Union Soviétique qui en subissait. Pendant mes soixante-douze ans de vie aux États-Unis, je ne pensais jamais que je verrais le jour où nous manquerions de quelque chose.

 

Encore le printemps de l’Église. Je suis sarcastique en disant cela, bien sûr. Dans une étude récente, il a été déterminé que l’âge moyen des sœurs modernistes est de quatre-vingt ans. Comme plusieurs ont moins de quatre-vingt ans, il nous faut conclure que beaucoup sont plus âgés. On peut en conclure que les congrégations féminines modernistes disparaîtrons d'ici une dizaine d’années ou guère plus, au moins aux États-Unis.

C’est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle est qu’elles ne pourront plus corrompre l’âme des plus jeunes par leur modernisme. La mauvaise nouvelle est que cela représente la mort de la vie religieuse. La vie religieuse féminine est morte il y a longtemps, quand Vatican II en a retiré toute la foi catholique. Car pendant ces soixante ans depuis Vatican II, la  vie religieuse des sœurs n’est plus qu’une institution mourante dans laquelle on fait mémoire du passé. Idem pour les congrégations masculines. Il y a quelques vocations à la « prêtrise » chez les modernistes mais en forte diminution. Cette année, trente-huit diocèses de ce pays [sur 195] n’ont pas ordonné de prêtres.

Il ne reste plus de vie dans les institutions Novus Ordo. Le Novus Ordo est comme un cadavre dans un cercueil. Ce qu’il en reste date du temps où il avait la vie, mais même sa vigueur institutionnelle va progressivement s’estomper, tout comme un cadavre se décompose dans la tombe. Le Novus Ordo a essayé de placer l’âme du modernisme dans le corps de l’Église Catholique. Ce sont deux choses qui sont radicalement opposées et qui ne formeront jamais un corps vivant, une entité morale. C’est comme placer l’âme d’un gorille dans le corps d’un homme. L’Église catholique, comme institution, n’a été faite que pour une chose : la foi catholique. Alors seulement, elle pourrait fonctionner correctement et alors seulement, elle pourrait produire la richesse des vocations et de la vie religieuse.

 

 

MHTS Newsletter - Août 2022

Peut-on se sauver seulement en étant pieuxTout le monde a entendu l’enseignement hérétique de Luther résumé ainsi : le salut par la foi seule. Cela revient à dire que le seul acte nécessaire pour accomplir son salut est un acte de foi, ce qui pour Luther et les protestants en général est à prendre dans le sens de confiance en Dieu. Pour les catholiques, la foi est l’assentiment de l’intellect, au moyen d’une vertu surnaturelle infuse par Dieu, à des vérités révélées par Dieu et proposées comme telles par l’autorité enseignante de l’Église catholique romaine. Pour Luther donc et pour ceux qui le suivent, les péchés ne sont pas un obstacle salut. Il n’y a pas besoin de se mortifier. Pas besoin de faire pénitence. Luther a dit : « Soit pécheur et pèche audacieusement, mais croit et réjouis-toi dans le Christ plus audacieusement encore… Aucun péché ne nous séparera de l’agneau, quand bien même nous commettrions fornication et meurtre un millier de fois par jour. »

Aucun Catholique n’accepterait jamais à cela. Tout Catholique sait qu’il sera jugé sur ses actions quand il mourra, et pas seulement sur sa confiance en Dieu. Néanmoins, il y a différentes sortes de catholiques, et je veux parler de ceux qui ont rejeté Vatican II et adhérent à la Foi Traditionnelle, qui tiennent pour vrai un adage similaire: le salut par la piété seule. Cet adage caractérise une manière très courante de pratiquer le catholicisme. Un catholique de cet acabit croit tout ce qu’enseigne l’Église, récite dévotement son Rosaire fréquemment, chaque jour même, assiste à la Messe chaque dimanche, assiste peut-être aux pratiques de dévotions durant la semaine, va se confesser souvent, et a plein d’images de Notre Seigneur, de Notre Dame, et des saints dans sa maison. Peut-être même qu'il préside le chapelet familial chaque soir à la maison.

D’autre part, ce même catholique mènera une vie tout à fait mondaine en plein accord avec la culture moderne. Il regardera des films impurs à la télévision, au cinéma ou sur internet. Il écoute du Rock. Il élève ses enfants en accord avec toutes les idées modernes, c'est-à-dire, leur permettant de suivre leur instinct sans discipline, ou par une discipline inefficace. Si c’est un homme, il ne se donne pas la peine d’imposer son autorité de chef de famille. Si c’est une femme, elle est lourdement influencée par le féminisme, et ne comprend son rôle dans la maison. De tels catholiques s’habillent au gré des modes modernes, sans tenir compte de leur immodestie. Ils vont sur les plages très fréquentée où les gens sont habillés de façon immodeste. Ils visitent des endroits comme Disneyland, ce qui se passe de commentaire. Ils acceptent de recevoir les membres de leurs familles divorcés ou remariés, ou vivant en  concubinage. Ils envoient leurs enfants dans des lycées et universités conçues pour détruire la Foi Catholique et sa morale chez les écoliers. Ils applaudissent leur succès quand ceux-ci obtiennent des diplômes, sans se soucier de la destruction spirituelle de leurs enfants. Ils consentent à leur mariages avec des hérétiques,  des sans-dieux et/ou des gens sans morale.

Et en fin de compte, lorsque leurs enfants ont grandi et sont devenus athées et gauchistes, ces mêmes Catholiques viendront voir le prêtre et lui demander : « Qu’est-ce que j’ai fait de mal pour que mon enfant tourne ainsi? ». Ils se sont trompés de la même manière que Luther s’est trompé. Ils ont pensé que la piété seulement feraient de leurs enfants des catholiques, et les protégeraient des mauvaises influences du monde moderne. Pour Luther, c’était la foi seule ; pour ces Catholiques, c’est la piété seule.

 

Contempler la Sainte Croix. Il y a deux grandes leçons dans la Croix du Christ : (1) L’amour de Jésus pour Son Père ; (2) la mort du vieil homme pécheur. Notre Seigneur  a obtenu notre rédemption en donnant à son Père au nom de l’humanité, dont il s’était lui-même revêtu, l’obéissance à sa volonté, jusqu’à mourir sur la Croix. L’obéissance du Christ était le remède à la désobéissance d’Adam, et par la même, de chaque être humain commettant le péché. Le doux parfum de l’obéissance de son fils pesa bien plus dans la balance que la puanteur du péché des  hommes. C’est un aspect de la Rédemption du genre humain.

L’autre aspect est la mortification de l’homme pécheur. Il y avait une peine de mort à payer pour les péchés des hommes, et Notre Seigneur l’a payé.

MHTS Newsletter - Août 2022

La vie spirituelle Catholique est basée sur ces deux aspects de la Croix. D’un côté, il y a l’amour de Dieu, qui inclut l’obéissance aux commandements de Dieu et la piété qui englobe tous les actes d’adoration et de prière que nous offrons à Dieu. De l’autre côté, il y a la mortification, c'est-à-dire la destruction, dans nos âmes, des effets du péché, le péché originel et le péché actuel. Une partie de cette mortification consiste en la suppression des occasions de péché. La culture du monde moderne est un produit du démon, et constitue en elle-même une énorme occasion de péché. La piété ne plaira pas à Dieu et ne produira pas de bons fruits si les Catholiques sont imbibés chaque jour de cette coupe empoisonnée qu’est la culture moderne. Si les parents Catholiques veulent élever des enfants catholiques et non des enfants païens, et s'ils veulent des petits enfants catholiques, il est nécessaire qu’ils se coupent du monde moderne. Cela requiert un grand sacrifice. Ils ne peuvent ni fréquenter ni jouïr d’un tas de choses que les autres fréquentent et dont ils jouïssent. Les enfants doivent comprendre la nécessité de cette mortification et de ce sacrifice.

Je suis sûr que les Catholiques qui vivaient dans l’Empire Romain aux premiers temps de l’Église faisaient face aux mêmes problèmes. Rome était un lieu de débauche sans fin, de jeux cruels, d’immodestie répugnante et de superstition. L’Église s’épanouit, toutefois, en ces premiers âges, et ce fut parce que les Catholiques se gardaient de cette culture païenne de leur temps.

Sincèrement vôtre dans le Christ,

 

Mgr. Donald Sanborn

Recteur

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MHTS Newsletter - Décembre 2021

Publié le par Études Antimodernistes

Bulletin du Séminaire de la Très Sainte Trinité

— Décembre 2021 —

 

 

Par Mgr Donald J. Sanborn.

 

Most Holy Trinity Seminary Newsletter, Décembre 2021.

EtudesAntimodernistes.fr, Février 2022

 

Alors qu’il y a quelques mois débutait une controverse entre Mgr. Dolan et Mgr. Sanborn au sujet de la thèse de Cassiciacum, le directeur du séminaire de la Très Sainte Trinité aborde ici le sujet des controverses doctrinales en général dans le mouvement traditionaliste. Il montre l’attitude qui doit être adoptée par les laïcs devant ces débats et rappelle le rôle du pape comme arbitre de toute controverse religieuse. L’absence d’un Pontife Romain, en possession de l’autorité du Christ, fait cruellement défaut pour trancher les questions disputées. Elle nous fait penser à la barque de saint Pierre secouée dans la tempête : et Jésus dormait!

 

 

[L’unité de la foi dans la réaction à Vatican II]

 

 

Mes chers fidèles,

 

Recevez une nouvelle fois s’il vous plait nos remerciements pour vos nombreux sacrifices pour le séminaire. Le séminaire est la plus importante de toutes les activités apostoliques des prêtres traditionalistes, tout comme le coeur est l’organe le plus important du corps. Car c’est du coeur que dépend le bon fonctionnement des autres organes. Si le cerveau reste plus de trois minutes sans oxygène il commence à se détériorer. L’oxygène qui alimente le cerveau vient du sang qui est pompé par le coeur.

Semblablement, le séminaire envoie du sang frais dans l’apostolat des différents prêtres répartis dans le monde. Alors que l’âge prélève sa taxe sur le clergé, les jeunes doivent être présents pour prendre la barre en main.

J’ai dit de nombreuses fois que les séminaristes doivent être bien mieux formés aujourd’hui qu’en temps normal. En un certain sens, ils doivent tout savoir car il n’y pas d’expert ou de chancellerie pouvant être consulté comme dans le passé. Certes, les jeunes prêtres consultent les plus âgés, mais il n’y a pas de substitut à l’organisation pré-Vatican II où il y avait dans chaque diocèse des prêtres experts, chacun en son domaine propre, que ce soit le droit canon, la sainte liturgie, la théologie dogmatique ou la théologie morale.

Les jeunes prêtres doivent aussi continuer le combat contre le modernisme, et contre les erreurs qui se trouvent même dans le camp traditionaliste. Être prêtre aujourd’hui n’est pas une tâche aisée. C’est pour cette raison que nous prenons leur formation très au sérieux.

 

Disputes d’évêques. Certains d’entre-vous on pu suivre le bras-de-fer que j’ai avec Monseigneur Dolan. Cela est très regrettable ; j’espère et je prie que nous puissions revenir à la  même entente que nous avions dans le passé.

Le principal point de contention est la thèse de Mgr. Guérard des Lauriers. Comme je l’ai dit dans une vidéo, le problème théologique criant auquel font face les sédévacantistes est de pouvoir expliquer l’apostolicité de l’Église - qui est un dogme - tout en affirmant que Bergoglio et ses évêques n’ont pas la juridiction pour enseigner, gouverner et sanctifier l’Église et sont donc un faux pape et de faux évêques.

Tandis que la vacance du siège de Rome ou d’un siège de diocèse ne porte pas atteinte à l’apostolicité, puisque ces vacances ont lieu de tout temps, il est cependant nécessaire à l’apostolicité de l’Église qu’il y ait un moyen légal pour élire un pape et nommer des évêques. En d’autres termes, il doit y avoir des personnes qui ont un droit légitime de voter et de nommer. Si cela disparaît, l’Église catholique disparaît. On serait alors obligé de nier l’indéfectibilité de l’Église, ce qui est hérétique.

Bien évidemment, la réponse à cette question est de suprême importance. C’est pour cette raison que chacun se campe fortement sur ses positions.

 

Les fidèles doivent comprendre qu’il y a unité de foi parmi les traditionalistes. Ce qui qui nous place tous dans le camp anti-Vatican II est l’adhésion à la foi catholique à laquelle Vatican II et ses réformes s’opposent. Donc tous les opposants à Vatican II ont en commun la profession de la foi catholique. Cela n’est pas vrai chez les modernistes. La seule unité à laquelle le Novus Ordo puisse prétendre est une unité d’organisation à laquelle peuvent prétendre n’importe quelle firme ou même les plus petites sociétés. L’unité de foi n’existe pas chez eux. Non seulement le dogme est libre pour tous dans la religion de Vatican II mais, pis encore, ils ont brisé le lien d’unité avec la foi du passé, se rendant incapables d’être réellement les papes ou les évêques de l’Eglise catholique. Malheureusement, ils prétendent toujours être catholiques et pis encore, ils n’ont jamais été retranchés de l’Église catholique par une excommunication. Et cela est précisément le problème, car s’ils avaient formé leur propre église comme les Luthériens, ils ne pourraient pas tromper ainsi les catholiques sur leur véritable identité.

Mais l’unité de la foi catholique continue chez les catholiques opposés à Vatican II de toute tendances et groupes pourvu qu’ils rejettent les erreurs de Vatican II et ses réformes.

 

Les fidèles ne doivent pas s’attendre à voir la même unité parmi les catholiques qu'avant le Concile. Bien que tous les catholiques anti-Vatican II aient la même foi, ils diffèrent cependant sur de nombreux points qui ne constituent pas la foi mais qui restent très importants dans le combat contre le modernisme. L’un de ces points de dissensions est l’explication de l’apostolicité comme je l’ai mentionné, mais il y en a d’autres.

Le problème est qu’il n’y a pas d’autorité pour régler ces disputes, ce qui nous amène à la réflexion suivante.

 

Il n’y a pas de substitut pour le Pontife Romain. « Frappe le pasteur, et que le troupeau soit dispersé » (Zacharie XII, 7). L’Église catholique fonctionne avec une autorité qui est l’autorité du Christ dont le Pape est revêtu. Tous les catholiques, précisément parce qu’ils sont catholiques, écoutent le Pape. Un de ses devoirs est justement de régler les disputes théologiques. Depuis plusieurs décennies nous n’avons pas entendu la voix du pasteur, et par conséquent les catholiques ont beaucoup de sujets sur lesquels ils ne sont pas d’accord. Monseigneur Kelly faisait justement  remarquer que les désaccords entre catholiques traditionalistes sont en fait un signe de leur catholicisme en ce que les catholiques n’écoutent que le Pape et personne d’autre. En l’absence de pape, ils commencent à se quereller.

 

Ces disputes n’interrompent pas la vie catholique au quotidien. Bien que les laïcs en particulier souhaitent voir tout le clergé d’accord, ils doivent admettre cependant que malgré ces disputes la vie continue. La messe continue, l'administration des sacrements continue, les prédications continuent, les écoles continuent et d’autres aspects de l’apostolat continuent également. Les laïcs doivent donc accepter ces disputes sans s’offusquer et ne pas se décourager. Parfois le temps soigne ces dissensions. Les laïcs doivent cependant s’efforcer de savoir qui a raison dans la discussion, mais il est souvent impossible pour eux de le discerner.

MHTS Newsletter - Décembre 2021

Par ailleurs, les laïcs ne doivent pas mettre de côté ces disputes théologiques comme de simples chicanes, ou comme autant de conflits personnels parmi le clergé, ou comme des disputes de politiciens. Ces disputes concernent des sujets importants. Beaucoup de vérités sont découvertes par des débats ouverts.

 

Quel est le but du mouvement traditionnel? Quand je lis les différents sites ou blogues de nombreux commentateurs traditionalistes de tout bord, je suis troublé par le fait que la majorité de ceux qui ont réagi aux changements de Vatican II désirent en fait coexister avec les modernistes. Nous devons mettre de ce nombre en premier lieu la Fraternité Saint Pierre et autres groupes semblables qui fonctionnent sous « l’autorité » de la hiérarchie Novus Ordo. Vient ensuite la Fraternité Saint Pie X avec la Résistance qui aspire à être un jour incorporée au Novus Ordo pourvu que les conditions soient satisfaisantes. Il y a aussi les nombreux prêtres qui jusqu’à récemment ont célébré la messe traditionnelle avec la permission que leur donnait le document Summorum Pontificum maintenant aboli.

J’ai lu récemment sur Rorate Caeli, un blogue moderniste conservateur, le texte d’un prêtre en Allemagne qui remerciait le « Saint-Père » de sa « clémence » à ne pas supprimer absolument tous les rites traditionalistes.

Ce que j’ai ainsi décrit constitue peut-être 90% du mouvement traditionaliste. Les sédévacantistes sont une petite minorité en comparaison. Seuls eux ne souhaitent pas de place dans le panthéon du Novus Ordo. Seuls eux insistent pour dire que Vatican II doit être anéanti et la fausse hiérarchie démasquée.

La plupart des tenants de blogues sur internet, particulièrement les modernistes conservateurs, ne font rien d’autre que de se plaindre. Ils sont enthousiastes à montrer les horreurs du Novus Ordo. Ils me rappellent les magazines « sensationnels » à la sortie des supermarchés. Un de ces sites s’occupe principalement de ressortir au grand jour les histoires de moeurs des modernistes et des traditionalistes.

Je trouve tout cela déprimant. C’est déprimant parce que ces gens qui ont eu la grâce et le bon sens de réagir à Vatican II regardent toujours ces prélats et ce clergé comme représentant d’une façon ou d’une autre l’Église catholique. Ils les considèrent comme ayant le pouvoir d’enseigner, de gouverner et de sanctifier l’Église en tant que représentant le Christ sur terre. Ils aspirent à leur être assujettis et à être reconnus par eux s’ils ne le sont déjà.

Ces gens voient comme la solution à nos problèmes le fait de confier la protection et la préservation de la foi catholique à ces hérétiques modernistes.

Même l’Archevêque Novus Ordo, Monseigneur Viganò, qui a des analyses très claires quant aux problèmes de Vatican II, n’offre pas de solution si ce n’est de « reconnaître et de résister ». Cependant, tout autant que vous voulez résister, le fait de résister implique que vous voyiez la  religion Novus Ordo comme un catholicisme alternatif, peut-être un catholicisme imparfait mais pas quelque chose qui soit un changement substantiel avec le passé. Autrement, si on reconnaît qu’il y a rupture avec le passé, il est impossible de reconnaitre la hiérarchie Novus Ordo comme ayant l’autorité.

L’autorité par sa nature propre demande l’obéissance. C’est le corrélatif de l’autorité, tout comme une vis est le corrélatif d’un tournevis. Le Pape est la plus haute et l’ultime autorité sur terre. Il est impossible de tenir cet homme pour le Pape et en même temps de ne pas être poussé à lui obéir.

Un satellite peut tourner autour de la terre et rester dans l’espace pendant longtemps, mais il subit l’attraction constante de la terre et il finira par ralentir et retournera fatalement vers la terre. La même chose est vraie de ceux qui reconnaissent la hiérarchie Novus Ordo comme ayant autorité. Ils ne peuvent pas regarder comme illégitimes les réformes de Vatican II et en même temps accepter ces hommes comme ayant le pouvoir du Christ pour gouverner l’Église. Le centre de gravité du « pape » les fera revenir vers le panthéon du Novus Ordo.

De plus, est-ce que ces traditionalistes qui reconnaissent Bergoglio réalisent ce qu’ils font ? En aspirant à faire partie du panthéon Novus Ordo, ils sont prêts à confier à ces monstres modernistes la préservation de la foi catholique, ainsi que ses disciplines et sa liturgie. Je comparerai cette attitude à confier la garde de votre enfant à un pervers connu comme tel.

N’est-il pas temps pour tous les traditionalistes de regarder en face la réalité des soixante ans de Vatican II? Le récent Traditionis Custodes (haha!) n’a-t-il pas montré combien les modernistes haïssent la foi catholique et ses traditions ? Allons-nous confier cette foi sacrée qui fut attestée et préservée par le sang d’innombrables martyrs aux mains de ces hérétiques prisonniers du Vatican?  Allons-nous laisser la préservation de la foi et de la liturgie être sujette aux caprices changeants de tel ou tel « pape » Novus Ordo ?

Le faire serait un crime. Ce serait confier l’Enfant Jésus au roi Hérode.

 

Sincèrement vôtre dans le Christ,

 

Monseigneur Donald J. Sanborn

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MHTS Newsletter - Mai 2020

Publié le par Études Antimodernistes

MHTS Newsletter - Mai 2020

 

Par Mgr Donald J. Sanborn.

 

Most Holy Trinity Seminary Newsletter, Mai 2020.

EtudesAntimodernistes.fr, Septembre 2020.

 

 

Après avoir donné des nouvelles du projet d’installation du séminaire dans le nord-est des États-Unis, à cause du nombre croissant des séminaristes et du manque de place, et après avoir annoncé un voyage en France (maintenant repoussé), Mgr. Sanborn expose ici la ligne de conduite de son Institut quant à la distribution des sacrements. En voici la traduction. Les principes et règles expliqués ici sont ceux contenus dans le Directoire Pastoral de l’Institut Catholique Romain.

 

 

[Donner et recevoir les sacrements après Vatican II]

 

Mgr Sanborn

Bien chers fidèles,

 

Notre Ligne de conduite concernant la distribution des sacrements. Les prêtres de l’Institut Catholique Romain (l’ICR) ont une ligne de conduite stricte en ce qui concerne la distribution des sacrements, position que je que voudrais expliquer puisqu’elle peut paraître dure à certains.

Pour que les sacrements soient donnés légalement, il est nécessaire que le prêtre ait reçu de l’évêque du diocèse la juridiction sacramentelle. A son tour, l’évêque du diocèse, pour exercer légalement son ministère, doit être en communion avec le Pontife romain. Il est donc facile de voir qu’il y a un ordre hiérarchique direct allant du pape au simple prêtre en passant par l’évêque.

Les mots de « juridiction sacramentelle » désigne cette autorisation de distribuer les sacrements donnée par la hiérarchie de l’Église au prêtre.

Alors, comment justifions-nous le fait que nous donnions les sacrements à une époque où il n’y a ni pape, ni évêque du diocèse à cause de leur adhésion à la promulgation d’une nouvelle et fausse religion ?

Notre justification s’appuie sur le principe d’épikie (mot grec qui veut dire équité). L’épikie est un principe connu chez les moralistes1 ; il s’exprime ainsi : en l’absence du législateur, on peut estimer l’esprit du législateur, de telle sorte qu’on juge que celui-ci permettrait quelque chose de raisonnable, mais pour lequel en temps normal on doit demander la permission.

Un exemple classique serait celui d’un séminariste dominicain qui trouve dans une librairie un livre dont il a besoin et qui est difficile à trouver. Ne pouvant pas contacter son supérieur, il présume raisonnablement que son supérieur lui donnerait la permission d’acheter le livre en question s’il était présent.

On voit donc qu’il y a deux conditions nécessaires pour utiliser l’épikie : (1) que l’acte que nous voulons accomplir soit raisonnable, puisqu’on ne pourrait se servir de l’épikie pour quelque chose d’absurde, de nocif ou hors de propos ; (2) que le législateur soit absent, c’est à dire que pour une raison ou une autre, on ne puisse avoir recours à lui.

La loi ultime qui justifie tout notre apostolat en ce temps de prise de pouvoir de la hiérarchie par les modernistes, est un adage bien connu de l’Église catholique : Le salut des âmes est la loi suprême [Salvatio animarum suprema lex]. Comme le dit l’adage, toutes les lois de l’Église s’inclinent devant cette belle et grande loi ; c’est en effet le motif et l’âme de toutes les lois inférieures de l’Église. Car l’Église existe pour le salut des âmes et pour aucune autre raison. Cet adage reflète l’essence même de l’Église et le motif même de l’Incarnation et de la Crucifixion du Christ. Personne ne peut le nier.

Nous menons un apostolat contraire à celui du Novus Ordo2. Et nous le faisons uniquement par ce que le Novus Ordo constitue une rupture substantielle avec le passé. Ce n’est pas le Catholicisme romain, mais une nouvelle religion qui nous est imposée. C’est le modernisme, condamné par saint Pie X comme « le rendez-vous de toutes les hérésies », qui a montré ses origines perverses par la perte de foi et les mœurs dévastateurs parmi les catholiques depuis le concile Vatican II. « L’Église catholique actuelle » n’a rien à voir avec l’Église catholique d’avant Vatican II.

Chant des prophéties le Samedi Saint (Séminaire de la Très Sainte Trinité)

Elle ne peut pas être un moyen de salut parce que c’est une fausse religion, mais c’est au contraire un moyen de damnation. Pour cette raison tout doit être mis en place pour assurer la survie de la vraie foi qui est l’unique moyen de salut. Ce principe déjà cité (Le salut des âmes est la loi suprême) justifie donc les mesures que nous prenons, ce « contre-apostolat » que nous menons.

Du principe que ‘Vatican II et ses réformes sont rupture et non continuité’, nous concluons qu’il est impossible que la hiérarchie qui dit être la hiérarchie catholique ait, de fait, le pouvoir d’enseigner, de diriger et de sanctifier l’Église. Du principe que ‘le salut des âmes est la loi suprême’, nous concluons que, pour assurer la préservation de la vraie foi, de la validité de l’épiscopat et de la prêtrise, la vraie messe et les sacrements, la vraie doctrine et la véritable discipline catholiques, il est nécessaire et donc justifié d’accomplir un ministère sacramental et pastoral complet.

Une personne raisonnable qui admet nos principes – que Vatican II constitue une rupture et que le salut des âmes est la loi suprême – ne peut pas contester la légalité de ce que nous faisons.

 

Pourquoi refusons-nous les sacrements à ceux qui assistent aux messes una cum ? Il est absolument nécessaire que ceux qui font appel à nous pour les sacrements comprennent que le Novus Ordo est une nouvelle religion parce que le fondement de la légitimité de notre apostolat est justement de donner les sacrements à ceux qui ont fuit le Novus Ordo comme on fuirait une fausse religion. Autrement ils n’ont aucune raison de venir à nous pour recevoir les sacrements, et nous n’avons aucune raison de leur donner les sacrements.

Si quelqu’un considère la religion Novus Ordo comme la vraie foi, comme une continuité homogène du catholicisme d’avant Vatican II, alors cette personne n’a aucune raison de venir à nous pour les sacrements. Ce serait en effet un péché mortel pour cette personne puisque nous donnons les sacrements au mépris de l’ordre de la personne qu’elle regarde comme pape. Elle doit considérer notre apostolat schismatique, « érigeant un autel contre l’autel de l’évêque local », acte qui est toujours considéré schismatique.

À l’inverse, si quelqu’un considère la religion Novus Ordo comme une déviation substantielle du catholicisme romain, il est logiquement obligé de dire qu’il est impossible que ces « papes » qui ont promulgué cette nouvelle religion soient en fait des papes catholiques.

Dans l’ordre pratique, donc, si quelqu’un vient à nous pour recevoir les sacrements, nous devons attendre de cette personne :

- qu’elle soit convaincue que le Novus Ordo n’est pas la religion catholique ;

- qu’elle adhère à la conclusion nécessaire et logique, à savoir que les papes modernistes ne peuvent pas être de vrais Papes.

Si cette personne croit que le Novus Ordo est la religion catholique, alors elle ne vient pas à nous pour les bonnes raisons. Il se pourrait qu’elle trouve que notre liturgie est plus digne et plus révérencieuse. Mais un tel motif n’est pas suffisant pour établir un contre-apostolat à celui du Novus Ordo. Par conséquent un prêtre traditionaliste ne pourrait pas donner les sacrements sur ce motif ; ce serait objectivement un péché mortel.

Si la personne croit que le Novus Ordo n’est pas la religion catholique mais pense que les papes modernistes sont de vrais Papes, ce serait alors un illogisme grave et même une hérésie implicite, à savoir que le Pontife Romain puisse imposer ou même permettre que l’Église entière adhère à de fausses doctrines, à une liturgie erronée et pernicieuse, ainsi qu’à une discipline peccamineuse. Car admettre cela serait contredire le dogme de l’indéfectibilité de l’Église catholique.

"Si Bergoglio est votre pape, alors c'est à lui que vous devriez demander les sacrements."

De plus, ceux qui participent activement à une messe una cum affirment publiquement, en dépit de ce qu’ils pensent intérieurement sur Bergoglio, que François est de fait le véritable Pontife Romain, le Vicaire de Jésus-Christ sur terre, possédant la juridiction universelle d’enseigner, de gouverner et de sanctifier les fidèles de l’Église catholique. Ils ne peuvent pas soutenir que la religion qu’il a promulguée à toute l’Église soit une fausse religion, et en même temps affirmer qu’il soit un vrai pape. Car cela serait nier le dogme de l’indéfectibilité.

Par conséquent, il serait inconséquent et incohérent que ces personnes viennent à nous pour recevoir les sacrements. Si elles étaient conséquentes et cohérentes, elles iraient demander les sacrement aux prêtres Novus Ordo. Si Bergoglio est votre pape, alors c’est à lui que vous devriez demander les sacrements.

De plus, ceux qui participent activement à la messe una cum d’un prêtre traditionaliste (par exemple, de la FSSPX) déclarent à tout le monde qu’ils sont d’accord avec la position reconnaître et résister3, qui est une doctrine non-catholique et implicitement hérétique. Ils font ainsi scandale en allant à la messe una cum.

C’est pour ces raisons, à savoir l’inconséquence et l’incohérence ainsi que le scandale que nous ne donnons pas les sacrements à ceux qui vont à la messe una cum. Car l’incohérence est toujours un signe d’erreur. La raison droite, au contraire, est claire, simple et sans contrainte précisément à cause de sa cohérence. Mais l’incohérence est une erreur ; et une erreur dans l’ordre morale est toujours un péché.

Il est donc objectivement peccamineux que ceux qui aillent à la messe una cum nous demandent les sacrements, et il est de même objectivement peccamineux que nous leur donnions les sacrements.

 

Objection : En ce temps de confusion, pourquoi ainsi pénaliser les gens qui n’y comprennent pas grand-chose et qui essaient simplement d’être de bons catholiques ?

Réponse : Nous faisons des exceptions pour les gens qui ne connaissent pas ces principes, mais nous ne les laissons pas les ignorer. Si un tel cas se présente nous prenons les personnes à part pour leur expliquer les règles pour donner les sacrements. S’il persistent à aller à la messe una cum, alors nous leur refuserons les sacrements. Mais je veux ici, insister sur le fait que le refus des sacrements se base sur le fait qu’il n’y a pas de raison valable de leur donner les sacrements ; et cela ne revient pas à dire qu’ils ne sont pas catholiques ou que ce sont des pécheurs publiques.

Expliquons cela d’une autre façon. Tout catholique baptisé a le droit de recevoir les sacrements. Cela est vrai. Mais il est aussi nécessaire qu’il soit suffisamment instruit pour pouvoir exercer ce droit. Il doit accepter les enseignements donnés ou alors il ne peut pas recevoir les sacrements. De la même façon, les instructions que nous donnons à nos fidèles ne sont pas les opinions personnelles de Mgr. Sanborn, mais sont des principes moraux qui découlent directement de la foi catholique.

Distribution des Rameaux (Séminaire de la Très Sainte Trinité)

Voici encore une autre façon d’expliquer les choses. Notre mission comme prêtres et évêques n’est pas de s’occuper des fidèles du Novus Ordo, c’est-à-dire, de ceux qui ont embrassé la nouvelle religion. Notre mission concerne uniquement ceux qui comprennent que la nouvelle religion est fausse et qu’il faut avoir recours à des prêtres qui rejettent cette nouvelle religion. Mais si, en assistant à la messe una cum, vous affirmez que Bergoglio est pape, vous affirmez aussi implicitement que sa nouvelle religion est la foi catholique. Il n’y a donc pas de raison de venir nous demander les sacrements et il n’y a pas de raisons pour nous de vous les donner. Encore une fois, si Bergoglio est votre pape, alors allez lui demander les sacrements.

Je dois ajouter ici qu’adhérer aux papes de Vatican II comme à de vrais papes conduit nécessairement au désir d’être reconnu et régularisé par eux. C’est pour cela que Mgr. Lefebvre, bien que dénonçant de façon répétée la nouvelle religion de Vatican II comme une fausse religion continua néanmoins d’essayer d’obtenir la reconnaissance de sa fraternité comme une institution légitime par la hiérarchie moderniste. Par exemple, aux consécrations de 1988 où il dénonça dans son sermon la religion Novus Ordo, il affirma aux journalistes après la cérémonie que dans cinq ans le Vatican et la fraternité seraient réconciliés. Car il est impossible qu’un catholique s’écarte et/ou désobéisse habituellement au pape et reste catholique. Admettre que ces gens sont papes c’est créer un centre de gravité pour les catholiques, centre de gravité qui les attirera à se soumettre et à entrer en communion avec eux.

Ainsi donc, la présence du nom de François dans le canon d’une messe traditionnelle (FSSPX) crée une attraction fatale vers les destructeurs de la foi catholique. Ce nom dans le canon est une reconnaissance implicite de la nouvelle religion comme étant le catholicisme romain.

 

Résumé et conclusion. Le principe qui justifie l’apostolat non autorisé des prêtres traditionalistes est que Vatican II et ses réformes constituent une rupture avec le catholicisme. Ce principe est la seule cause justifiant les fidèles à demander les sacrements aux prêtres traditionalistes exerçant un apostolat non autorisé. Puisqu’une rupture d’avec le catholicisme de la part de la hiérarchie nous montre avec certitude et nécessité qu’elle n’est pas la vraie hiérarchie catholique, à cause du dogme de l’indéfectibilité, alors il est nécessaire aussi que les fidèles tout comme le clergé considère cette hiérarchie Novus Ordo comme une fausse hiérarchie.

 

Garder le mouvement traditionaliste dans le droit chemin. Certains pourront dire que notre ligne de conduite est trop dure, que l’important est que les fidèles aient accès à la vraie messe et aux vrais sacrements. Il n’y pas lieu de s’inquiéter de telles considérations théologiques.

Une telle attitude qui prévaut aujourd’hui parmi le clergé et les fidèles est très dangereuse. Elle est implicitement basée sur une hérésie, à savoir que la foi catholique peut se passer de pape. Une telle attitude suscita en son temps le grand schisme d’Occident, quand il y eut deux, puis trois papes. Les erreurs concernant la papauté, son rôle et sa nécessité se répandirent. La conséquence en fut le conciliarisme, promu par les participants du concile de Constance en 1415, qui affirme qu’un concile général est au-dessus du pape.

Pierre d'Ailly

Pierre d’Ailly (1351-1420) est un théologien de l’Université de Paris, plus tard cardinal. Il formula l’idée que seule l’Église universelle est infaillible et que chaque Église particulière (chaque diocèse) peut errer, l’Église de Rome incluse. Il dit que le pape peut se tromper et s’est trompé plus d’une fois. Il donnait comme exemple l’erreur de saint Pierre repris par saint Paul. Ce même Pierre d’Ailly est l’auteur du conciliarisme dont nous venons de parler.

La Fraternité Saint Pie X a répété cette même doctrine qui est objectivement hérétique. Leur théorie concernant le magistère ordinaire universel est précisément que le pape et tous les évêques du monde puissent se tromper en enseignant la doctrine ; l’Église universelle rejettera simplement ces enseignement comme faux. Cela revient à dire que l’assistance du Saint-Esprit pour enseigner la doctrine n’a pas été donné aux apôtres et à leurs successeurs dans la hiérarchie, mais à l’Église universelle qui « trie » et « discerne » ainsi dans le magistère ce qui est vrai de ce qui est faux.

Un contemporain de d’Ailly, Jean Charlier de Gerson (1363-1429) aussi théologien et recteur de l’Université de Paris disait que le droit de corriger et même de déposer le souverain Pontife appartenait non seulement à un concile général, mais à l’Église universelle. Je mentionne ici ces choses car il s’agit exactement de l’approche du cardinal Burke et de ceux qui le suivent, à savoir que selon eux il est légitime de corriger le pape quand il se trompe, et pire encore, que cette correction du pape est suffisante pour sauvegarder l’indéfectibilité de l’Église. Cela signifie implicitement que et l’infaillibilité et l’indéfectibilité se trouvent ailleurs que dans la hiérarchie enseignante de l’Église catholique. Cela, c’est du protestantisme. Les protestants disent que l’infaillibilité se trouvent dans l’Écriture Sainte et non dans l’Église enseignante, ce qui a pour résultat que chacun est libre d’interpréter l’Écriture comme bon lui semble, avec l’aide du Saint-Esprit. La conséquence logique et historique est la multiplication d’innombrables sectes protestantes, chacune avec une interprétation différente, mais chacune réclamant à grands cris être assistée du Saint-Esprit.

Je donne ici ces exemples pour expliquer à nos fidèles pourquoi nous sommes inflexibles en ce qui concerne la bonne doctrine et les bonnes pratiques pastorales requises pour les sacrements. Aujourd’hui, le mouvement traditionnel doit être le gardien de la doctrine catholique, puisque la plupart des catholiques vont perdre la foi à cause de Vatican II. Par conséquent il est essentiel que nous ne tombions pas dans des erreurs nous-mêmes alors que nous essayons d’éviter celles des modernistes.

Dans ce temps d’occupation moderniste, les fidèles ne doivent pas perdre de vue le rôle et les prérogatives du pape. Le pape, comme pape, a une relation essentielle à la vérité. Il doit être la règle vivante de la foi, comme ont fait remarqué le cardinal Billot et d’autres. S’il ne remplit pas cette tâche, il ne remplit pas sa fonction de pape. Il faut en conclure que les catholiques qui font face à l’enseignement hérétique d’un pape, ne doivent pas se contenter de vivre avec lui en ignorant ses erreurs, ou en les corrigeant, mais doivent le rejeter, parce que, quand il impose des doctrines contraires à la foi catholique, il montre qu’il n’a pas le pouvoir du Christ pour enseigner, régir et sanctifier l’Église. Par analogie, les brebis s’enfuient à la vue d’un loup revêtu des habits du berger, dès qu’elles découvrent que c’est un loup.

Autrement dit, un pape qui erre doctrinalement, n’est pas seulement un « mauvais pape », ou un pape que l’on doit corriger, mais il n’est aucunement pape. C’est l’importance de la fonction du pape qui impose cette conclusion.

 

Sincèrement vôtre dans le Christ,

Mgr. Sanborn

1L’épikie est une partie de la vertu de justice par laquelle, en l’absence du législateur et dans des circonstances non prévues par le législateur, nous appliquons la loi non selon la lettre mais selon l’esprit de la loi. (Note du traducteur)

2Les mots « Novus Ordo » désigne les modernistes et plus exactement la nouvelle religion imposée par la hiérarchie moderniste. (Note du traducteur)

3Reconnaître et Résister (R&R) : la position qui consiste à reconnaître les papes modernistes comme de vrais Papes, Vicaires de Jésus-Chris, et en même temps leur désobéir habituellement et continuellement, comme si on pouvait se passer d’obéir au pape pour faire son salut, comme si on était juge de ce que le pape nous enseigne. C’est la position de la FSSPX et de la « Résistance » en générale, qui porte bien son nom pour cela. Pour plus d’info sur la position R&R, voir http://www.etudesantimodernistes.fr/r-et-r.html (Note du traducteur)

 

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MHTS Newsletter - Octobre 2018

Publié le par Études Antimodernistes

Par Mgr Donald J. Sanborn.

 

Most Holy Trinity Seminary Newsletter, Octobre 2018.

EtudesAntimodernistes.fr, Novembre 2018.

MHTS Newsletter - Octobre 2018

[Pie XII face au modernisme.]

 

Bien chers fidèles,

 

Je remercie tous ceux d’entre vous qui ont envoyé un don supplémentaire le mois dernier pour nous aider avec nos dépenses actuelles. Nous avons encore eu un problème inattendu : une fuite dans une canalisation sous les fondations (sous une dalle). L’eau s’est répandue dans la plus grande des classes, forçant les séminaristes à avoir cours dans le réfectoire. Heureusement, la réparation ne coûta « que » 1461 $. (Je m’attendais à plus.) Nous devons cependant encore réparer le carrelage qui a été cassé pour parvenir aux fondations.

 

Soixante ans depuis la mort de Pie XII. Le neuf octobre, nous avons commémoré les soixante ans de la mort de Pie XII. Cela signifie que le modernisme règne depuis maintenant soixante ans, et nous avons vu avec horreur la désintégration de tout ce qui rendait notre foi merveilleuse : la doctrine catholique, de bons et saints prêtres, une abondance de frères et de sœurs dévots et zélés, des écoles catholiques, des séminaires catholiques remplis de saints séminaristes aspirant à la prêtrise, la Messe traditionnelle en latin, les sacrements traditionnels, la Ligue pour la vertu1, les habits religieux, les prêtres en soutane et col romain, de magnifiques églises, des cérémonies élaborées, le chant grégorien et autres belles musiques d’église, la discipline, l’orthodoxie, la modestie dans les habits, les bonnes mœurs. Je pourrais encore allonger la liste. Ce que je viens de décrire, c’est le monde de mon enfance, que je considérais alors comme normal, mais que j’aimais et chérissais.

C’était le monde catholique tel que le laissa le pape Pie XII. C’était un édifice splendide et magnifique à tous les égards.

J'étais trop jeune pour m'apercevoir des changements que Jean XXIII avait opéré. Je me rappelle avoir assisté aux cérémonies de la semaine sainte qui avaient été modifiées en 1955 sous la direction de l'auteur de la nouvelle messe, le moderniste et franc-maçon Annibale Bugnini. Je n'avais jamais vu les cérémonies traditionnelles qui, d'après le pape Benoit XIV (1740-1758), sont très anciennes. Cependant, j'étais toujours un peu troublé par ces cérémonies de la semaine sainte, car elles semblaient différer du reste de la liturgie. C'est seulement des années après que je découvris que ces cérémonies, forgées par le franc-maçon en question, étaient « un pont » (ce sont ses mots) vers la réforme ultime de la liturgie qui eut lieu dans les années 1960 et qui atteignit son sommet avec l'horrible nouvelle messe en 1969.

C'est pour cette raison, en voyant plus tard ces réformes avec du recul, que nous reprîmes les rites traditionnels de la semaine sainte. Comme dirait l'abbé Cekada : « Si vous ne voulez pas passer de l'autre côté (c'est-à-dire vers la nouvelle messe), alors pourquoi prendre le pont ? »

Je me rappelle par contre le premier dimanche de l'avent 1964, jour où les premiers changements de Vatican II apparurent dans la Messe. Bien que ceux-ci n’étaient rien en comparaison de ce que nous voyons aujourd'hui, j'y sentis cependant l'odeur du modernisme. Je me rappelle rentrer à la maison après la Messe ce jour-là en me disant à moi-même : « Il y a quelque chose de protestant dans la Messe. » C’est vers cette époque que je déclarai une guerre personnelle aux réformes de Vatican II.

Pendant l'année suivante, j'essayai, comme tout le monde, de voir Vatican II avec une lumière positive et d'y comprendre quelque chose. Il y en a encore beaucoup qui essayent toujours. Quand j’étais au séminaire moderniste, je compris ce qu'était Vatican II. Je vis sa nature profondément radicale et corrompue. Je vis que ce n'était pas seulement une question de changement accidentel des manières de faire dans l'Église, mais une véritable révolution doctrinale, morale, spirituelle et liturgique. Je la combattis autant que je le pus.

Même en entrant à Ecône en 1971, cependant, je continuais à croire que d'une façon ou d’une autre Paul VI n'étais pas d'accord avec tous ces maux dans l’Église, et que c'étaient les « mauvais évêques » qui faisaient tout ce mal.

Ce qui m'ouvrit les yeux quant à la vraie nature de Paul VI fut la lecture d'un essai par l'abbé de Nantes, prêtre français, connu sous le nom de Liber Accusationis in Paulum Sextum (Le Livre d'accusation contre Paul VI). Ce prêtre, dans un travail soigneusement documenté, analysait le passé et l'enseignement de Paul VI et démontrait sans aucun doute que l'homme était un moderniste de premier ordre. Je devins alors « sédévacantiste ». C'était en 1973.

 

L’Église depuis le 9 octobre 1958. Les modernistes ont dynamité le monde idyllique du catholicisme romain que j'ai décrit ci-dessus. Avec un orgueil consommé, ils ont décidé que le catholicisme ne pourrait pas survivre au monde moderne sans se transformer pour s'y adapter. Tel est le principe fondamental du modernisme et de toutes les hérésies qui en découlent.

Le « système d'exploitation » - pour emprunter un mot au langage informatique - du monde moderne est le subjectivisme, c'est-à-dire, la négation de la possibilité même d'une vérité objective. Rien n'ai vrai, à moins que ce ne soit vrai pour vous, c'est-à-dire, à moins que ce ne soit conforme à vos expériences personnelles.

Appliqué au dogme et à la morale, l'effet en est absolument fatal. Conformer l’Église catholique au mode de pensée subjectif, c'est lui injecter un poison mortel dans les veines. Ainsi ce que nous avons vu depuis 1958 est la mort graduelle du catholicisme. L'orthodoxie, qui est l'assentiment de foi donné à la doctrine catholique, est morte. Être catholique aujourd'hui signifie simplement que vous êtes sur les registres de l'église catholique locale. Vous pouvez croire ce que vous voulez et rendre votre hérésie publique, personne ne vous blâmera. Pensez un instant à l'université de Georgetown qui est supposée être catholique, ou celle de Loyola à Chicago. Ce sont là simplement de petits exemples de ce qui existe partout dans ce monde autrefois catholique.

Ce qui définit le catholicisme, c'est l'orthodoxie. Les institutions de l’Église catholique, sa hiérarchie, ses lois, ses édifices, ses écoles, ses universités reposent sur un seul fondement qui est l'orthodoxie catholique. Si ces institutions perdent leur orthodoxie, elles perdent leur raison d'être, devenant des institutions inutiles, catholiques de nom seulement, et elles accomplissent le travail du diable.

Le catholicisme continue d'exister en ceux qui professent encore la foi catholique, qu'ils soient encore dans le Novus Ordo ou non. Ce qu’il faut c’est un schisme, c'est-à-dire que les catholiques doivent se séparer des hérétiques modernistes. Ils vivent présentement dans la même maison et doivent se séparer.

 

Les bons côtés du règne de Pie XII. Pie XII était un homme d'une orthodoxie catholique absolue et avait compris son rôle de protecteur de cette caractéristique essentielle et sacrée de l’Église catholique.

C'était un homme qui avait compris la dignité très élevée de la papauté et qui se comportait en conséquence. Jamais la papauté ne fut plus respectée que sous Pie XII. C'était une image de la dignité ecclésiastique.

Il promulgua un bon nombre de documents qui exprimaient clairement l'enseignement de l’Église sur de nombreux sujets. Parmi eux : Mystici Corporis, expliquant le Corps Mystique du Christ (1943) ; Mediator Dei, qui donnait les principes de la sainte liturgie de l’Église et mettait en garde contre quelques tendances modernistes (1948) ; Humani Generis, qui condamna en général la nouvelle théologie et mettait en garde contre des erreurs modernes et des tendances de l’époque (1950).

En 1950 également, il proclama solennellement la doctrine de l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie. En 1954, il proclama l'Année Mariale, au cours de laquelle il établit la fête de Marie-Reine.

Le pape Pie XII était sévère contre le communisme, excommuniant ceux qui appartenaient au parti. Il édifia aussi les fidèles dans de nombreux messages radio, utilisant autant que possible les médias de son temps pour répandre l'évangile.

En bref, les bons côtés de son règne furent de présider une Église en bonne santé générale, et, par sa piété, sa science et sa dignité, de gagner l'admiration de beaucoup, catholiques et non catholiques.

 

Les mauvais côtés du règne de Pie XII. En 1930, quand le pape Pie XI cherchait un nouveau secrétaire pour remplacer le cardinal Gasparri, un certain cardinal Cerretti, potentiel candidat pour ce poste, décrivit le cardinal Pacelli (Pie XII) comme « indécis et mou ». Je pense que c’était là une observation exacte de son caractère, et cela fut un défaut tragique pour lui et pour toute l’Église catholique.

En d'autres termes, bien que le cardinal Pacelli avait des intentions excellentes et une orthodoxie impeccable, il lui était difficile de faire aboutir ces merveilleuses qualités à des actions concrètes.

En lisant à son sujet, j'ai aussi remarqué qu'il avait un respect exagéré, et même une sorte de vénération, pour l'érudition et les sciences physiques. Bien que ces choses doivent certainement être prises au sérieux, nous devons y faire attention en ces temps modernes à causes des préjugés extrêmement anticatholiques de nombreux savants et scientifiques. Il développa probablement cette admiration excessive pour l'érudition et la science à l'université de la Sapienza, à Rome, une des plus glorieuses institutions de la Rome papale, prise et contrôlée par le gouvernement italien maçonnique et athée à partir de 1870. En tout cas, le fait qu'il se laissait facilement impressionné par l'érudition et la science fit de lui une proie des « savants » et « scientifiques » modernistes qui rôdaient dans l’Église.

La dernière chose dont l’Église avait besoin en 1939, l'année de l'élection du Cardinal Pacelli à la papauté, c’était un pape faible et indécis, naïf en ce qui regardait les complots des modernistes. Pendant le règne de saint Pie X (1903-1914), les modernistes se contentèrent simplement de se submerger, pour réapparaître plus tard pendant le règne de Benoît XV (1914-1922) et de Pie XI (1922-1939). Ils utilisèrent alors un instrument entièrement nouveau pour répandre leur hérésie perverse : la sainte liturgie. Ils détournèrent le mouvement liturgique, solidement catholique, lancé par Dom Guéranger et d'autres au dix-neuvième siècle. Ils voulaient en faire un véhicule de l'œcuménisme, qui est un pur produit du modernisme. Proéminents dans ce mouvement liturgique moderniste furent : Pius Parsch, Dom Beauduin, Gérard Ellard, Annibale Bugnini, et beaucoup d’autres de moindre importance, auteurs de livres et pamphlets faisant avancer le même agenda.

Les modernistes firent aussi de nouveau surface dans le domaine de l’Écriture Sainte. Le cardinal Béa, confesseur de Pie XII, était proéminent parmi eux. Il y en eut beaucoup d'autres. Le modernisme biblique pris de l’essor sous le règne de Pie XII.

Enfin, il y avait la Nouvelle Théologie, une renaissance dogmatique du modernisme. Tout comme les vieux modernistes, ils [les « nouveaux théologiens »] détestaient saint Thomas et avec lui la théologie et la philosophie traditionnelles, et ils adaptèrent la théologie catholique aux systèmes de philosophie modernes. Il en résulta de sérieuses erreurs et même des hérésies. Proéminents parmi ces néo-modernistes étaient Karl Rahner, Joseph Ratzinger (plus tard Benoît XVI), Hans Hurs von Balthazar, Edward Schillebeeckx, Yves Congar, Bernard Häring, Hans Küng, Henri de Lubac, Pierre Teilhard de Chardin, et bien d'autres. Ces théologiens circulaient et écrivaient librement sous le règne de Pie XII, et bien que certains reçurent des monitions officielles du Saint Office, ils parvinrent à survivre sans trop de difficulté pendant son pontificat.2 Sous saint Pie X, ils auraient été excommuniés et réduits à l'état laïc.

Ce dont l’Église avait besoin en 1939, après trois décennies de modernisme en plein essor, c'était un autre saint Pie X, quelqu'un qui aurait réprimé l'hérésie avec sévérité.

Toutes ces choses ayant été dites, penchons-nous maintenant sur les mauvais aspects du règne de Pie XII :

  • La nomination d'évêques abominables. Les principaux évêques modernistes à Vatican II avaient été nommés par Pie XII : Köning, Döpfner, Suenens, Lercaro, Montini (futur Paul VI), Wotjyla (futur Jean-Paul II), Cushing, Alfrink, Frings. Ce furent de grandes figures au Concile. Combien d'autres évêques modernistes furent nommés dont les noms nous échappent ? Il faut aussi remarquer que Pie XII éleva au cardinalat un moderniste connu comme tel, Angelo Roncalli, et le fit patriarche de Venise, lui donnant ainsi une possibilité directe de devenir pape. Il fit aussi de Montini, un autre moderniste reconnu, l'archevêque de Milan, et donc papabile.3

  • Dommage fait à la liturgie. En 1948, le pape Pie XII établit la Commission pour la Réforme Liturgique et nomma comme secrétaire, directement en charge de cette Comission, nul autre qu'Annibale Bugnini. Il était à l’époque un moderniste connu en liturgie. En peu de temps, ce franc-maçon produisit la réforme des rites de la semaine sainte, promulguée en 1955 par Pie XII. Elle contenait de nombreux éléments qui seront plus tard incorporés dans la nouvelle messe, également mise au point par le même Bugnini, avec l'aide de six ministres protestants. D'autres changements concernant la messe, le calendrier liturgique et le bréviaire furent réalisés en 1955, 1957 et 1958. Tous ces changements allaient dans la direction de l’utlime réforme liturgique de Paul VI.

  • L’essor du modernisme dans les séminaires romains. Les séminaires romains étaient la pépinière des futurs évêques et ces séminaires furent infectés sous le nez même de Pie XII, par du modernisme de toute sorte. Bien qu'il ne fut pas moderniste lui-même, le pape Pie XII fut cependant faible et négligent par rapport à la répression du modernisme et contribua ainsi beaucoup à la ruine présente dont nous sommes témoins.

 

En résumé, le règne de Pie XII continuait avec la force vive de l'orthodoxie et la vigueur conférées par les papes précédents. En ouvrant la porte aux modernistes dans l'épiscopat, la Curie et les séminaires, il leur laissa la main libre pour détruire le catholicisme au concile Vatican II.

Sous saint Pie X, les rats modernistes s’immergèrent dans l'eau de cale du navire catholique. Après sa mort, ils se frayèrent graduellement un chemin jusqu'aux ponts inférieurs de ce même navire, jusqu'à se précipiter finalement sur le pont supérieur sous Pie XII. Il fut peu efficace pour arrêter le mouvement, mais au contraire le favorisa beaucoup par mollesse, faiblesse et négligence. Après sa mort, avec l'accession de Jean XXIII, les rats modernistes arrivèrent désormais aux commandes : au gouvernail et à la roue. On connaît la suite.

Le plus grand acte du pape Pie XII. Bien qu'il y ait de nombreux points négatifs dans le règne de Pie XII, il entreprit cependant quelque chose de très courageux en 1954 : la canonisation de saint Pie X. Ce grand pape était perçu par les modernistes comme un oppresseur sévère. Plusieurs des modernistes qui avaient « souffert » sous saint Pie X étaient encore en vie, tel Roncalli. Ils vinrent l'un après l'autre à la congrégation responsable de la canonisation, se plaindre des « horreurs » du règne du pape Pie X. Mais Pie XII les ignora, dispensa la règle des cinquante ans pour les canonisations, et éleva courageusement le grand antimoderniste à l’honneur des autels. Cela revenait à dire : « Je ne suis pas assez fort pour arrêter le modernisme, mais vous avez maintenant un saint qui l'a fait. » Il approuva ainsi toute la campagne antimoderniste de saint Pie X, pour laquelle son pontificat a une telle renommée.

Il ne faut pas s'étonner que, lorsque questionné par un journaliste français athée à propos de saint Pie X, Jean XXIII ait répondu : « Il n'est pas saint ! »

 

Sincèrement vôtre dans le Christ,

 

Mgr. Donald Sanborn

Recteur

 

1 La Ligue pour la vertu (en anglais, National Legion of Decency) est un groupe de pression créé en 1933 par les représentants de l'Église catholique romaine aux États-Unis. Le but était de purifier les productions cinématographiques qui semblaient exercer une mauvaise influence sur la population en général et les enfants en particulier. Soutenue par le pape Pie XI, qui encourageait même d'autres pays à se doter de leur propre Ligue, la Ligue pour la vertu constituait un des groupes de pression les plus forts de l'époque. En 1934, entre 7 et 9 millions de personnes (catholiques pour la plupart, mais aussi protestants et juifs) avaient prêté serment de condamner et boycotter tout film offensant la morale chrétienne. La Ligue avait son propre système de classification de films, qui concernait autant les films produits aux États-Unis que les productions étrangères importées… (Wikipédia) [NDT]

 

2 Exception faite pour les plus virulents d'entre eux. Ainsi Congar fut interdit d'enseignement. Idem pour de Lubac et plusieurs autres. Mais ils ne furent pas obligés de se rétracter ni jamais entièrement réduits au silence. [NDT]

3 C'est-à-dire, éligible à la papauté, et ayant une chance sérieuse d’être élu Pape. [NDT]

 

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