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MHTS Newsletter - Août 2022

Publié le par Études Antimodernistes

Dans sa lettre aux amis et bienfaiteurs Monseigneur Sanborn explique le choix de la consécration d'un nouvel évêque. Il donne ensuite quelques nouvelles de l'installation du séminaire en Pennsylvanie, puis, comme à son habitude, il détaille quelques points d'application de la vie chrétienne dans le monde moderne.

MHTS Newsletter - Août 2022

Bulletin du Séminaire de la Très Sainte Trinité

- Août 2022 –

 

Par Mgr Donald J. Sanborn

 

Most Holy Trinity Seminary Newsletter, Août 2022.

EtudesAntimodernistes.fr, Septembre 2022.

 

Annonce d’une consécration épiscopale.

 

Bien chers fidèles,

 

Nous avons cette fois le plaisir de vous annoncer la prochaine consécration épiscopale de l’abbé Germán Fliess, prévue pour le 30 novembre de cette année à Brooksville en Floride. Nous avons décidé de procéder à cette consécration pour être certains que l’Institut Catholique Romain, ses séminaristes et ses fidèles ne soient jamais privés des services d’un évêque, particulièrement en ce qui concerne la continuation d’un sacerdoce et d’un épiscopat valide.

Cependant, ce n’est pas seulement la validité des ordres qui est concernée. Nous désirons aussi ordonner et consacrer un clergé qui soit bien formé, à la fois spirituellement et académiquement et qui jouit d’une bonne réputation. Le sacerdoce et l’épiscopat catholique peuvent être comparé à de l’or vingt-quatre carats en ce qu’ils sont des cadeaux qui nous viennent directement du Saint-Esprit. Que ce soient de grands saints ou les pêcheurs les dépravés qui en soient revêtus, cela ne change rien à leur dignité spirituelle suprême. Tout comme l’or, le sacerdoce et l'épiscopat ne change pas, ne se ternissent pas, ne rouillent pas ou ne perdent pas leur excellence intrinsèque, quoi qu'il en soit de celui qui les possède. Puisque ces dons sont si grands par leur nature, explique le Droit Canon, il convient que celui qui les possède soit de mœurs irréprochables et de la plus grande piété, et suffisamment instruit en philosophie et en théologie. C’est pour cette raison que notre séminaire fonctionne selon des normes élevées, au mieux que nous pouvons, nous améliorant toujours dès que nous le pouvons.

Un bon prêtre bien instruit peut attirer les non-catholiques et les modernistes à la foi catholique seulement par sa piété, sa dignité, sa connaissance, ses bonnes mœurs et sa recherche de la perfection. À l’opposé, bien qu’un catholique convaincu puisse fermer les yeux sur les fautes, même sérieuses, d’un prêtre, ne voyant en lui que le sacerdoce, les plus faibles peuvent facilement être déroutés par de tels abus. C’est pour cela que nous nous efforçons de faire sortir de notre séminaire des prêtres et des évêques ayant toutes les qualités que j’ai mentionnées.

L’abbé Fliess est un tel prêtre. Tous ceux qui le connaissent peuvent en témoigner. C’est un prêtre zélé dans le ministère, humble, obéissant, discret, très intelligent, absolument ferme et abhorrant le modernisme sans compromission. Il est profondément instruit en théologie et enseigne l’Écriture Sainte, le Latin, le Grec et l’Hébreu au séminaire. En fait, il est si humble que lorsque nous lui avons demandé d’être consacré évêque, sa première réaction fut de dire qu’il ne pouvait accepter aucune position d’autorité ou de gestion. Nous l’avons assuré que nous le préserverions de ces positons et qu’il ne ferait que donner les sacrements.

MHTS Newsletter - Août 2022

S’il-vous-plaît, gardez l’abbé Fliess dans vos prières, car l’épiscopat est un lourd fardeau. La vie même de l’Église - la prêtrise, la messe, la Sainte Eucharistie et l’épiscopat lui-même - est entre les mains d’un évêque consacré et les comptes qu’il devra rendre à Dieu sont mille fois plus grand. L’Église s’élève ou s’abaisse en fonction de comment ses prêtres s’élèvent ou s’abaissent, et ce sont les évêques qui choisissent et ordonnent les prêtres.

 

Avancée de la restauration du nouveau séminaire à Reading (Pensylvanie). La rénovation a continué avec rapidité pour faire en sorte que notre rentrée des classes le 15 septembre dans ces locaux devienne réalité. Nous avons fait transporter à Reading toute notre bibliothèque d’environ quinze mille livres. Nous attendons l’arrivée des étagères qui sont en train d’être  construite par Mike Gough, un paroissien du Michigan. Pour s’adapter à un plafond bas, il va aussi raccourcir les étagères de huit pieds de haut que nous avions en Floride et que lui-même avait fabriquées. Nous devrons répartir les livres dans tout le bâtiment, car il n’y a pas de pièce suffisamment grande pour tous les contenir. Mais cela n’est pas un problème.

Cartons contenants quelques-uns des milliers de livres attendant d’être rangés dans nos étagères

Cartons contenants quelques-uns des milliers de livres attendant d’être rangés dans nos étagères

Comme dans tout projet immobilier, notre remodelage des bâtiments a subi des retards, mais rien d’insurmontable. Occasionnellement, il y avait des manques de stock de matériels. Par exemple, nous avons été en manque de panneaux électriques, parce que quand il y a des rumeurs de pénuries, les gros entrepreneurs du bâtiment achètent toutes les réserves pour ne pas être en manque dans leurs énormes projets.

Pourquoi, y a-t-il des pénuries dans notre pays? Je pensais que ce n’était que l’Union Soviétique qui en subissait. Pendant mes soixante-douze ans de vie aux États-Unis, je ne pensais jamais que je verrais le jour où nous manquerions de quelque chose.

 

Encore le printemps de l’Église. Je suis sarcastique en disant cela, bien sûr. Dans une étude récente, il a été déterminé que l’âge moyen des sœurs modernistes est de quatre-vingt ans. Comme plusieurs ont moins de quatre-vingt ans, il nous faut conclure que beaucoup sont plus âgés. On peut en conclure que les congrégations féminines modernistes disparaîtrons d'ici une dizaine d’années ou guère plus, au moins aux États-Unis.

C’est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle est qu’elles ne pourront plus corrompre l’âme des plus jeunes par leur modernisme. La mauvaise nouvelle est que cela représente la mort de la vie religieuse. La vie religieuse féminine est morte il y a longtemps, quand Vatican II en a retiré toute la foi catholique. Car pendant ces soixante ans depuis Vatican II, la  vie religieuse des sœurs n’est plus qu’une institution mourante dans laquelle on fait mémoire du passé. Idem pour les congrégations masculines. Il y a quelques vocations à la « prêtrise » chez les modernistes mais en forte diminution. Cette année, trente-huit diocèses de ce pays [sur 195] n’ont pas ordonné de prêtres.

Il ne reste plus de vie dans les institutions Novus Ordo. Le Novus Ordo est comme un cadavre dans un cercueil. Ce qu’il en reste date du temps où il avait la vie, mais même sa vigueur institutionnelle va progressivement s’estomper, tout comme un cadavre se décompose dans la tombe. Le Novus Ordo a essayé de placer l’âme du modernisme dans le corps de l’Église Catholique. Ce sont deux choses qui sont radicalement opposées et qui ne formeront jamais un corps vivant, une entité morale. C’est comme placer l’âme d’un gorille dans le corps d’un homme. L’Église catholique, comme institution, n’a été faite que pour une chose : la foi catholique. Alors seulement, elle pourrait fonctionner correctement et alors seulement, elle pourrait produire la richesse des vocations et de la vie religieuse.

 

 

MHTS Newsletter - Août 2022

Peut-on se sauver seulement en étant pieuxTout le monde a entendu l’enseignement hérétique de Luther résumé ainsi : le salut par la foi seule. Cela revient à dire que le seul acte nécessaire pour accomplir son salut est un acte de foi, ce qui pour Luther et les protestants en général est à prendre dans le sens de confiance en Dieu. Pour les catholiques, la foi est l’assentiment de l’intellect, au moyen d’une vertu surnaturelle infuse par Dieu, à des vérités révélées par Dieu et proposées comme telles par l’autorité enseignante de l’Église catholique romaine. Pour Luther donc et pour ceux qui le suivent, les péchés ne sont pas un obstacle salut. Il n’y a pas besoin de se mortifier. Pas besoin de faire pénitence. Luther a dit : « Soit pécheur et pèche audacieusement, mais croit et réjouis-toi dans le Christ plus audacieusement encore… Aucun péché ne nous séparera de l’agneau, quand bien même nous commettrions fornication et meurtre un millier de fois par jour. »

Aucun Catholique n’accepterait jamais à cela. Tout Catholique sait qu’il sera jugé sur ses actions quand il mourra, et pas seulement sur sa confiance en Dieu. Néanmoins, il y a différentes sortes de catholiques, et je veux parler de ceux qui ont rejeté Vatican II et adhérent à la Foi Traditionnelle, qui tiennent pour vrai un adage similaire: le salut par la piété seule. Cet adage caractérise une manière très courante de pratiquer le catholicisme. Un catholique de cet acabit croit tout ce qu’enseigne l’Église, récite dévotement son Rosaire fréquemment, chaque jour même, assiste à la Messe chaque dimanche, assiste peut-être aux pratiques de dévotions durant la semaine, va se confesser souvent, et a plein d’images de Notre Seigneur, de Notre Dame, et des saints dans sa maison. Peut-être même qu'il préside le chapelet familial chaque soir à la maison.

D’autre part, ce même catholique mènera une vie tout à fait mondaine en plein accord avec la culture moderne. Il regardera des films impurs à la télévision, au cinéma ou sur internet. Il écoute du Rock. Il élève ses enfants en accord avec toutes les idées modernes, c'est-à-dire, leur permettant de suivre leur instinct sans discipline, ou par une discipline inefficace. Si c’est un homme, il ne se donne pas la peine d’imposer son autorité de chef de famille. Si c’est une femme, elle est lourdement influencée par le féminisme, et ne comprend son rôle dans la maison. De tels catholiques s’habillent au gré des modes modernes, sans tenir compte de leur immodestie. Ils vont sur les plages très fréquentée où les gens sont habillés de façon immodeste. Ils visitent des endroits comme Disneyland, ce qui se passe de commentaire. Ils acceptent de recevoir les membres de leurs familles divorcés ou remariés, ou vivant en  concubinage. Ils envoient leurs enfants dans des lycées et universités conçues pour détruire la Foi Catholique et sa morale chez les écoliers. Ils applaudissent leur succès quand ceux-ci obtiennent des diplômes, sans se soucier de la destruction spirituelle de leurs enfants. Ils consentent à leur mariages avec des hérétiques,  des sans-dieux et/ou des gens sans morale.

Et en fin de compte, lorsque leurs enfants ont grandi et sont devenus athées et gauchistes, ces mêmes Catholiques viendront voir le prêtre et lui demander : « Qu’est-ce que j’ai fait de mal pour que mon enfant tourne ainsi? ». Ils se sont trompés de la même manière que Luther s’est trompé. Ils ont pensé que la piété seulement feraient de leurs enfants des catholiques, et les protégeraient des mauvaises influences du monde moderne. Pour Luther, c’était la foi seule ; pour ces Catholiques, c’est la piété seule.

 

Contempler la Sainte Croix. Il y a deux grandes leçons dans la Croix du Christ : (1) L’amour de Jésus pour Son Père ; (2) la mort du vieil homme pécheur. Notre Seigneur  a obtenu notre rédemption en donnant à son Père au nom de l’humanité, dont il s’était lui-même revêtu, l’obéissance à sa volonté, jusqu’à mourir sur la Croix. L’obéissance du Christ était le remède à la désobéissance d’Adam, et par la même, de chaque être humain commettant le péché. Le doux parfum de l’obéissance de son fils pesa bien plus dans la balance que la puanteur du péché des  hommes. C’est un aspect de la Rédemption du genre humain.

L’autre aspect est la mortification de l’homme pécheur. Il y avait une peine de mort à payer pour les péchés des hommes, et Notre Seigneur l’a payé.

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La vie spirituelle Catholique est basée sur ces deux aspects de la Croix. D’un côté, il y a l’amour de Dieu, qui inclut l’obéissance aux commandements de Dieu et la piété qui englobe tous les actes d’adoration et de prière que nous offrons à Dieu. De l’autre côté, il y a la mortification, c'est-à-dire la destruction, dans nos âmes, des effets du péché, le péché originel et le péché actuel. Une partie de cette mortification consiste en la suppression des occasions de péché. La culture du monde moderne est un produit du démon, et constitue en elle-même une énorme occasion de péché. La piété ne plaira pas à Dieu et ne produira pas de bons fruits si les Catholiques sont imbibés chaque jour de cette coupe empoisonnée qu’est la culture moderne. Si les parents Catholiques veulent élever des enfants catholiques et non des enfants païens, et s'ils veulent des petits enfants catholiques, il est nécessaire qu’ils se coupent du monde moderne. Cela requiert un grand sacrifice. Ils ne peuvent ni fréquenter ni jouïr d’un tas de choses que les autres fréquentent et dont ils jouïssent. Les enfants doivent comprendre la nécessité de cette mortification et de ce sacrifice.

Je suis sûr que les Catholiques qui vivaient dans l’Empire Romain aux premiers temps de l’Église faisaient face aux mêmes problèmes. Rome était un lieu de débauche sans fin, de jeux cruels, d’immodestie répugnante et de superstition. L’Église s’épanouit, toutefois, en ces premiers âges, et ce fut parce que les Catholiques se gardaient de cette culture païenne de leur temps.

Sincèrement vôtre dans le Christ,

 

Mgr. Donald Sanborn

Recteur

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MHTS Newsletter - Mai 2020

Publié le par Études Antimodernistes

MHTS Newsletter - Mai 2020

 

Par Mgr Donald J. Sanborn.

 

Most Holy Trinity Seminary Newsletter, Mai 2020.

EtudesAntimodernistes.fr, Septembre 2020.

 

 

Après avoir donné des nouvelles du projet d’installation du séminaire dans le nord-est des États-Unis, à cause du nombre croissant des séminaristes et du manque de place, et après avoir annoncé un voyage en France (maintenant repoussé), Mgr. Sanborn expose ici la ligne de conduite de son Institut quant à la distribution des sacrements. En voici la traduction. Les principes et règles expliqués ici sont ceux contenus dans le Directoire Pastoral de l’Institut Catholique Romain.

 

 

[Donner et recevoir les sacrements après Vatican II]

 

Mgr Sanborn

Bien chers fidèles,

 

Notre Ligne de conduite concernant la distribution des sacrements. Les prêtres de l’Institut Catholique Romain (l’ICR) ont une ligne de conduite stricte en ce qui concerne la distribution des sacrements, position que je que voudrais expliquer puisqu’elle peut paraître dure à certains.

Pour que les sacrements soient donnés légalement, il est nécessaire que le prêtre ait reçu de l’évêque du diocèse la juridiction sacramentelle. A son tour, l’évêque du diocèse, pour exercer légalement son ministère, doit être en communion avec le Pontife romain. Il est donc facile de voir qu’il y a un ordre hiérarchique direct allant du pape au simple prêtre en passant par l’évêque.

Les mots de « juridiction sacramentelle » désigne cette autorisation de distribuer les sacrements donnée par la hiérarchie de l’Église au prêtre.

Alors, comment justifions-nous le fait que nous donnions les sacrements à une époque où il n’y a ni pape, ni évêque du diocèse à cause de leur adhésion à la promulgation d’une nouvelle et fausse religion ?

Notre justification s’appuie sur le principe d’épikie (mot grec qui veut dire équité). L’épikie est un principe connu chez les moralistes1 ; il s’exprime ainsi : en l’absence du législateur, on peut estimer l’esprit du législateur, de telle sorte qu’on juge que celui-ci permettrait quelque chose de raisonnable, mais pour lequel en temps normal on doit demander la permission.

Un exemple classique serait celui d’un séminariste dominicain qui trouve dans une librairie un livre dont il a besoin et qui est difficile à trouver. Ne pouvant pas contacter son supérieur, il présume raisonnablement que son supérieur lui donnerait la permission d’acheter le livre en question s’il était présent.

On voit donc qu’il y a deux conditions nécessaires pour utiliser l’épikie : (1) que l’acte que nous voulons accomplir soit raisonnable, puisqu’on ne pourrait se servir de l’épikie pour quelque chose d’absurde, de nocif ou hors de propos ; (2) que le législateur soit absent, c’est à dire que pour une raison ou une autre, on ne puisse avoir recours à lui.

La loi ultime qui justifie tout notre apostolat en ce temps de prise de pouvoir de la hiérarchie par les modernistes, est un adage bien connu de l’Église catholique : Le salut des âmes est la loi suprême [Salvatio animarum suprema lex]. Comme le dit l’adage, toutes les lois de l’Église s’inclinent devant cette belle et grande loi ; c’est en effet le motif et l’âme de toutes les lois inférieures de l’Église. Car l’Église existe pour le salut des âmes et pour aucune autre raison. Cet adage reflète l’essence même de l’Église et le motif même de l’Incarnation et de la Crucifixion du Christ. Personne ne peut le nier.

Nous menons un apostolat contraire à celui du Novus Ordo2. Et nous le faisons uniquement par ce que le Novus Ordo constitue une rupture substantielle avec le passé. Ce n’est pas le Catholicisme romain, mais une nouvelle religion qui nous est imposée. C’est le modernisme, condamné par saint Pie X comme « le rendez-vous de toutes les hérésies », qui a montré ses origines perverses par la perte de foi et les mœurs dévastateurs parmi les catholiques depuis le concile Vatican II. « L’Église catholique actuelle » n’a rien à voir avec l’Église catholique d’avant Vatican II.

Chant des prophéties le Samedi Saint (Séminaire de la Très Sainte Trinité)

Elle ne peut pas être un moyen de salut parce que c’est une fausse religion, mais c’est au contraire un moyen de damnation. Pour cette raison tout doit être mis en place pour assurer la survie de la vraie foi qui est l’unique moyen de salut. Ce principe déjà cité (Le salut des âmes est la loi suprême) justifie donc les mesures que nous prenons, ce « contre-apostolat » que nous menons.

Du principe que ‘Vatican II et ses réformes sont rupture et non continuité’, nous concluons qu’il est impossible que la hiérarchie qui dit être la hiérarchie catholique ait, de fait, le pouvoir d’enseigner, de diriger et de sanctifier l’Église. Du principe que ‘le salut des âmes est la loi suprême’, nous concluons que, pour assurer la préservation de la vraie foi, de la validité de l’épiscopat et de la prêtrise, la vraie messe et les sacrements, la vraie doctrine et la véritable discipline catholiques, il est nécessaire et donc justifié d’accomplir un ministère sacramental et pastoral complet.

Une personne raisonnable qui admet nos principes – que Vatican II constitue une rupture et que le salut des âmes est la loi suprême – ne peut pas contester la légalité de ce que nous faisons.

 

Pourquoi refusons-nous les sacrements à ceux qui assistent aux messes una cum ? Il est absolument nécessaire que ceux qui font appel à nous pour les sacrements comprennent que le Novus Ordo est une nouvelle religion parce que le fondement de la légitimité de notre apostolat est justement de donner les sacrements à ceux qui ont fuit le Novus Ordo comme on fuirait une fausse religion. Autrement ils n’ont aucune raison de venir à nous pour recevoir les sacrements, et nous n’avons aucune raison de leur donner les sacrements.

Si quelqu’un considère la religion Novus Ordo comme la vraie foi, comme une continuité homogène du catholicisme d’avant Vatican II, alors cette personne n’a aucune raison de venir à nous pour les sacrements. Ce serait en effet un péché mortel pour cette personne puisque nous donnons les sacrements au mépris de l’ordre de la personne qu’elle regarde comme pape. Elle doit considérer notre apostolat schismatique, « érigeant un autel contre l’autel de l’évêque local », acte qui est toujours considéré schismatique.

À l’inverse, si quelqu’un considère la religion Novus Ordo comme une déviation substantielle du catholicisme romain, il est logiquement obligé de dire qu’il est impossible que ces « papes » qui ont promulgué cette nouvelle religion soient en fait des papes catholiques.

Dans l’ordre pratique, donc, si quelqu’un vient à nous pour recevoir les sacrements, nous devons attendre de cette personne :

- qu’elle soit convaincue que le Novus Ordo n’est pas la religion catholique ;

- qu’elle adhère à la conclusion nécessaire et logique, à savoir que les papes modernistes ne peuvent pas être de vrais Papes.

Si cette personne croit que le Novus Ordo est la religion catholique, alors elle ne vient pas à nous pour les bonnes raisons. Il se pourrait qu’elle trouve que notre liturgie est plus digne et plus révérencieuse. Mais un tel motif n’est pas suffisant pour établir un contre-apostolat à celui du Novus Ordo. Par conséquent un prêtre traditionaliste ne pourrait pas donner les sacrements sur ce motif ; ce serait objectivement un péché mortel.

Si la personne croit que le Novus Ordo n’est pas la religion catholique mais pense que les papes modernistes sont de vrais Papes, ce serait alors un illogisme grave et même une hérésie implicite, à savoir que le Pontife Romain puisse imposer ou même permettre que l’Église entière adhère à de fausses doctrines, à une liturgie erronée et pernicieuse, ainsi qu’à une discipline peccamineuse. Car admettre cela serait contredire le dogme de l’indéfectibilité de l’Église catholique.

"Si Bergoglio est votre pape, alors c'est à lui que vous devriez demander les sacrements."

De plus, ceux qui participent activement à une messe una cum affirment publiquement, en dépit de ce qu’ils pensent intérieurement sur Bergoglio, que François est de fait le véritable Pontife Romain, le Vicaire de Jésus-Christ sur terre, possédant la juridiction universelle d’enseigner, de gouverner et de sanctifier les fidèles de l’Église catholique. Ils ne peuvent pas soutenir que la religion qu’il a promulguée à toute l’Église soit une fausse religion, et en même temps affirmer qu’il soit un vrai pape. Car cela serait nier le dogme de l’indéfectibilité.

Par conséquent, il serait inconséquent et incohérent que ces personnes viennent à nous pour recevoir les sacrements. Si elles étaient conséquentes et cohérentes, elles iraient demander les sacrement aux prêtres Novus Ordo. Si Bergoglio est votre pape, alors c’est à lui que vous devriez demander les sacrements.

De plus, ceux qui participent activement à la messe una cum d’un prêtre traditionaliste (par exemple, de la FSSPX) déclarent à tout le monde qu’ils sont d’accord avec la position reconnaître et résister3, qui est une doctrine non-catholique et implicitement hérétique. Ils font ainsi scandale en allant à la messe una cum.

C’est pour ces raisons, à savoir l’inconséquence et l’incohérence ainsi que le scandale que nous ne donnons pas les sacrements à ceux qui vont à la messe una cum. Car l’incohérence est toujours un signe d’erreur. La raison droite, au contraire, est claire, simple et sans contrainte précisément à cause de sa cohérence. Mais l’incohérence est une erreur ; et une erreur dans l’ordre morale est toujours un péché.

Il est donc objectivement peccamineux que ceux qui aillent à la messe una cum nous demandent les sacrements, et il est de même objectivement peccamineux que nous leur donnions les sacrements.

 

Objection : En ce temps de confusion, pourquoi ainsi pénaliser les gens qui n’y comprennent pas grand-chose et qui essaient simplement d’être de bons catholiques ?

Réponse : Nous faisons des exceptions pour les gens qui ne connaissent pas ces principes, mais nous ne les laissons pas les ignorer. Si un tel cas se présente nous prenons les personnes à part pour leur expliquer les règles pour donner les sacrements. S’il persistent à aller à la messe una cum, alors nous leur refuserons les sacrements. Mais je veux ici, insister sur le fait que le refus des sacrements se base sur le fait qu’il n’y a pas de raison valable de leur donner les sacrements ; et cela ne revient pas à dire qu’ils ne sont pas catholiques ou que ce sont des pécheurs publiques.

Expliquons cela d’une autre façon. Tout catholique baptisé a le droit de recevoir les sacrements. Cela est vrai. Mais il est aussi nécessaire qu’il soit suffisamment instruit pour pouvoir exercer ce droit. Il doit accepter les enseignements donnés ou alors il ne peut pas recevoir les sacrements. De la même façon, les instructions que nous donnons à nos fidèles ne sont pas les opinions personnelles de Mgr. Sanborn, mais sont des principes moraux qui découlent directement de la foi catholique.

Distribution des Rameaux (Séminaire de la Très Sainte Trinité)

Voici encore une autre façon d’expliquer les choses. Notre mission comme prêtres et évêques n’est pas de s’occuper des fidèles du Novus Ordo, c’est-à-dire, de ceux qui ont embrassé la nouvelle religion. Notre mission concerne uniquement ceux qui comprennent que la nouvelle religion est fausse et qu’il faut avoir recours à des prêtres qui rejettent cette nouvelle religion. Mais si, en assistant à la messe una cum, vous affirmez que Bergoglio est pape, vous affirmez aussi implicitement que sa nouvelle religion est la foi catholique. Il n’y a donc pas de raison de venir nous demander les sacrements et il n’y a pas de raisons pour nous de vous les donner. Encore une fois, si Bergoglio est votre pape, alors allez lui demander les sacrements.

Je dois ajouter ici qu’adhérer aux papes de Vatican II comme à de vrais papes conduit nécessairement au désir d’être reconnu et régularisé par eux. C’est pour cela que Mgr. Lefebvre, bien que dénonçant de façon répétée la nouvelle religion de Vatican II comme une fausse religion continua néanmoins d’essayer d’obtenir la reconnaissance de sa fraternité comme une institution légitime par la hiérarchie moderniste. Par exemple, aux consécrations de 1988 où il dénonça dans son sermon la religion Novus Ordo, il affirma aux journalistes après la cérémonie que dans cinq ans le Vatican et la fraternité seraient réconciliés. Car il est impossible qu’un catholique s’écarte et/ou désobéisse habituellement au pape et reste catholique. Admettre que ces gens sont papes c’est créer un centre de gravité pour les catholiques, centre de gravité qui les attirera à se soumettre et à entrer en communion avec eux.

Ainsi donc, la présence du nom de François dans le canon d’une messe traditionnelle (FSSPX) crée une attraction fatale vers les destructeurs de la foi catholique. Ce nom dans le canon est une reconnaissance implicite de la nouvelle religion comme étant le catholicisme romain.

 

Résumé et conclusion. Le principe qui justifie l’apostolat non autorisé des prêtres traditionalistes est que Vatican II et ses réformes constituent une rupture avec le catholicisme. Ce principe est la seule cause justifiant les fidèles à demander les sacrements aux prêtres traditionalistes exerçant un apostolat non autorisé. Puisqu’une rupture d’avec le catholicisme de la part de la hiérarchie nous montre avec certitude et nécessité qu’elle n’est pas la vraie hiérarchie catholique, à cause du dogme de l’indéfectibilité, alors il est nécessaire aussi que les fidèles tout comme le clergé considère cette hiérarchie Novus Ordo comme une fausse hiérarchie.

 

Garder le mouvement traditionaliste dans le droit chemin. Certains pourront dire que notre ligne de conduite est trop dure, que l’important est que les fidèles aient accès à la vraie messe et aux vrais sacrements. Il n’y pas lieu de s’inquiéter de telles considérations théologiques.

Une telle attitude qui prévaut aujourd’hui parmi le clergé et les fidèles est très dangereuse. Elle est implicitement basée sur une hérésie, à savoir que la foi catholique peut se passer de pape. Une telle attitude suscita en son temps le grand schisme d’Occident, quand il y eut deux, puis trois papes. Les erreurs concernant la papauté, son rôle et sa nécessité se répandirent. La conséquence en fut le conciliarisme, promu par les participants du concile de Constance en 1415, qui affirme qu’un concile général est au-dessus du pape.

Pierre d'Ailly

Pierre d’Ailly (1351-1420) est un théologien de l’Université de Paris, plus tard cardinal. Il formula l’idée que seule l’Église universelle est infaillible et que chaque Église particulière (chaque diocèse) peut errer, l’Église de Rome incluse. Il dit que le pape peut se tromper et s’est trompé plus d’une fois. Il donnait comme exemple l’erreur de saint Pierre repris par saint Paul. Ce même Pierre d’Ailly est l’auteur du conciliarisme dont nous venons de parler.

La Fraternité Saint Pie X a répété cette même doctrine qui est objectivement hérétique. Leur théorie concernant le magistère ordinaire universel est précisément que le pape et tous les évêques du monde puissent se tromper en enseignant la doctrine ; l’Église universelle rejettera simplement ces enseignement comme faux. Cela revient à dire que l’assistance du Saint-Esprit pour enseigner la doctrine n’a pas été donné aux apôtres et à leurs successeurs dans la hiérarchie, mais à l’Église universelle qui « trie » et « discerne » ainsi dans le magistère ce qui est vrai de ce qui est faux.

Un contemporain de d’Ailly, Jean Charlier de Gerson (1363-1429) aussi théologien et recteur de l’Université de Paris disait que le droit de corriger et même de déposer le souverain Pontife appartenait non seulement à un concile général, mais à l’Église universelle. Je mentionne ici ces choses car il s’agit exactement de l’approche du cardinal Burke et de ceux qui le suivent, à savoir que selon eux il est légitime de corriger le pape quand il se trompe, et pire encore, que cette correction du pape est suffisante pour sauvegarder l’indéfectibilité de l’Église. Cela signifie implicitement que et l’infaillibilité et l’indéfectibilité se trouvent ailleurs que dans la hiérarchie enseignante de l’Église catholique. Cela, c’est du protestantisme. Les protestants disent que l’infaillibilité se trouvent dans l’Écriture Sainte et non dans l’Église enseignante, ce qui a pour résultat que chacun est libre d’interpréter l’Écriture comme bon lui semble, avec l’aide du Saint-Esprit. La conséquence logique et historique est la multiplication d’innombrables sectes protestantes, chacune avec une interprétation différente, mais chacune réclamant à grands cris être assistée du Saint-Esprit.

Je donne ici ces exemples pour expliquer à nos fidèles pourquoi nous sommes inflexibles en ce qui concerne la bonne doctrine et les bonnes pratiques pastorales requises pour les sacrements. Aujourd’hui, le mouvement traditionnel doit être le gardien de la doctrine catholique, puisque la plupart des catholiques vont perdre la foi à cause de Vatican II. Par conséquent il est essentiel que nous ne tombions pas dans des erreurs nous-mêmes alors que nous essayons d’éviter celles des modernistes.

Dans ce temps d’occupation moderniste, les fidèles ne doivent pas perdre de vue le rôle et les prérogatives du pape. Le pape, comme pape, a une relation essentielle à la vérité. Il doit être la règle vivante de la foi, comme ont fait remarqué le cardinal Billot et d’autres. S’il ne remplit pas cette tâche, il ne remplit pas sa fonction de pape. Il faut en conclure que les catholiques qui font face à l’enseignement hérétique d’un pape, ne doivent pas se contenter de vivre avec lui en ignorant ses erreurs, ou en les corrigeant, mais doivent le rejeter, parce que, quand il impose des doctrines contraires à la foi catholique, il montre qu’il n’a pas le pouvoir du Christ pour enseigner, régir et sanctifier l’Église. Par analogie, les brebis s’enfuient à la vue d’un loup revêtu des habits du berger, dès qu’elles découvrent que c’est un loup.

Autrement dit, un pape qui erre doctrinalement, n’est pas seulement un « mauvais pape », ou un pape que l’on doit corriger, mais il n’est aucunement pape. C’est l’importance de la fonction du pape qui impose cette conclusion.

 

Sincèrement vôtre dans le Christ,

Mgr. Sanborn

1L’épikie est une partie de la vertu de justice par laquelle, en l’absence du législateur et dans des circonstances non prévues par le législateur, nous appliquons la loi non selon la lettre mais selon l’esprit de la loi. (Note du traducteur)

2Les mots « Novus Ordo » désigne les modernistes et plus exactement la nouvelle religion imposée par la hiérarchie moderniste. (Note du traducteur)

3Reconnaître et Résister (R&R) : la position qui consiste à reconnaître les papes modernistes comme de vrais Papes, Vicaires de Jésus-Chris, et en même temps leur désobéir habituellement et continuellement, comme si on pouvait se passer d’obéir au pape pour faire son salut, comme si on était juge de ce que le pape nous enseigne. C’est la position de la FSSPX et de la « Résistance » en générale, qui porte bien son nom pour cela. Pour plus d’info sur la position R&R, voir http://www.etudesantimodernistes.fr/r-et-r.html (Note du traducteur)

 

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MHTS Newsletter - Octobre 2018

Publié le par Études Antimodernistes

Par Mgr Donald J. Sanborn.

 

Most Holy Trinity Seminary Newsletter, Octobre 2018.

EtudesAntimodernistes.fr, Novembre 2018.

MHTS Newsletter - Octobre 2018

[Pie XII face au modernisme.]

 

Bien chers fidèles,

 

Je remercie tous ceux d’entre vous qui ont envoyé un don supplémentaire le mois dernier pour nous aider avec nos dépenses actuelles. Nous avons encore eu un problème inattendu : une fuite dans une canalisation sous les fondations (sous une dalle). L’eau s’est répandue dans la plus grande des classes, forçant les séminaristes à avoir cours dans le réfectoire. Heureusement, la réparation ne coûta « que » 1461 $. (Je m’attendais à plus.) Nous devons cependant encore réparer le carrelage qui a été cassé pour parvenir aux fondations.

 

Soixante ans depuis la mort de Pie XII. Le neuf octobre, nous avons commémoré les soixante ans de la mort de Pie XII. Cela signifie que le modernisme règne depuis maintenant soixante ans, et nous avons vu avec horreur la désintégration de tout ce qui rendait notre foi merveilleuse : la doctrine catholique, de bons et saints prêtres, une abondance de frères et de sœurs dévots et zélés, des écoles catholiques, des séminaires catholiques remplis de saints séminaristes aspirant à la prêtrise, la Messe traditionnelle en latin, les sacrements traditionnels, la Ligue pour la vertu1, les habits religieux, les prêtres en soutane et col romain, de magnifiques églises, des cérémonies élaborées, le chant grégorien et autres belles musiques d’église, la discipline, l’orthodoxie, la modestie dans les habits, les bonnes mœurs. Je pourrais encore allonger la liste. Ce que je viens de décrire, c’est le monde de mon enfance, que je considérais alors comme normal, mais que j’aimais et chérissais.

C’était le monde catholique tel que le laissa le pape Pie XII. C’était un édifice splendide et magnifique à tous les égards.

J'étais trop jeune pour m'apercevoir des changements que Jean XXIII avait opéré. Je me rappelle avoir assisté aux cérémonies de la semaine sainte qui avaient été modifiées en 1955 sous la direction de l'auteur de la nouvelle messe, le moderniste et franc-maçon Annibale Bugnini. Je n'avais jamais vu les cérémonies traditionnelles qui, d'après le pape Benoit XIV (1740-1758), sont très anciennes. Cependant, j'étais toujours un peu troublé par ces cérémonies de la semaine sainte, car elles semblaient différer du reste de la liturgie. C'est seulement des années après que je découvris que ces cérémonies, forgées par le franc-maçon en question, étaient « un pont » (ce sont ses mots) vers la réforme ultime de la liturgie qui eut lieu dans les années 1960 et qui atteignit son sommet avec l'horrible nouvelle messe en 1969.

C'est pour cette raison, en voyant plus tard ces réformes avec du recul, que nous reprîmes les rites traditionnels de la semaine sainte. Comme dirait l'abbé Cekada : « Si vous ne voulez pas passer de l'autre côté (c'est-à-dire vers la nouvelle messe), alors pourquoi prendre le pont ? »

Je me rappelle par contre le premier dimanche de l'avent 1964, jour où les premiers changements de Vatican II apparurent dans la Messe. Bien que ceux-ci n’étaient rien en comparaison de ce que nous voyons aujourd'hui, j'y sentis cependant l'odeur du modernisme. Je me rappelle rentrer à la maison après la Messe ce jour-là en me disant à moi-même : « Il y a quelque chose de protestant dans la Messe. » C’est vers cette époque que je déclarai une guerre personnelle aux réformes de Vatican II.

Pendant l'année suivante, j'essayai, comme tout le monde, de voir Vatican II avec une lumière positive et d'y comprendre quelque chose. Il y en a encore beaucoup qui essayent toujours. Quand j’étais au séminaire moderniste, je compris ce qu'était Vatican II. Je vis sa nature profondément radicale et corrompue. Je vis que ce n'était pas seulement une question de changement accidentel des manières de faire dans l'Église, mais une véritable révolution doctrinale, morale, spirituelle et liturgique. Je la combattis autant que je le pus.

Même en entrant à Ecône en 1971, cependant, je continuais à croire que d'une façon ou d’une autre Paul VI n'étais pas d'accord avec tous ces maux dans l’Église, et que c'étaient les « mauvais évêques » qui faisaient tout ce mal.

Ce qui m'ouvrit les yeux quant à la vraie nature de Paul VI fut la lecture d'un essai par l'abbé de Nantes, prêtre français, connu sous le nom de Liber Accusationis in Paulum Sextum (Le Livre d'accusation contre Paul VI). Ce prêtre, dans un travail soigneusement documenté, analysait le passé et l'enseignement de Paul VI et démontrait sans aucun doute que l'homme était un moderniste de premier ordre. Je devins alors « sédévacantiste ». C'était en 1973.

 

L’Église depuis le 9 octobre 1958. Les modernistes ont dynamité le monde idyllique du catholicisme romain que j'ai décrit ci-dessus. Avec un orgueil consommé, ils ont décidé que le catholicisme ne pourrait pas survivre au monde moderne sans se transformer pour s'y adapter. Tel est le principe fondamental du modernisme et de toutes les hérésies qui en découlent.

Le « système d'exploitation » - pour emprunter un mot au langage informatique - du monde moderne est le subjectivisme, c'est-à-dire, la négation de la possibilité même d'une vérité objective. Rien n'ai vrai, à moins que ce ne soit vrai pour vous, c'est-à-dire, à moins que ce ne soit conforme à vos expériences personnelles.

Appliqué au dogme et à la morale, l'effet en est absolument fatal. Conformer l’Église catholique au mode de pensée subjectif, c'est lui injecter un poison mortel dans les veines. Ainsi ce que nous avons vu depuis 1958 est la mort graduelle du catholicisme. L'orthodoxie, qui est l'assentiment de foi donné à la doctrine catholique, est morte. Être catholique aujourd'hui signifie simplement que vous êtes sur les registres de l'église catholique locale. Vous pouvez croire ce que vous voulez et rendre votre hérésie publique, personne ne vous blâmera. Pensez un instant à l'université de Georgetown qui est supposée être catholique, ou celle de Loyola à Chicago. Ce sont là simplement de petits exemples de ce qui existe partout dans ce monde autrefois catholique.

Ce qui définit le catholicisme, c'est l'orthodoxie. Les institutions de l’Église catholique, sa hiérarchie, ses lois, ses édifices, ses écoles, ses universités reposent sur un seul fondement qui est l'orthodoxie catholique. Si ces institutions perdent leur orthodoxie, elles perdent leur raison d'être, devenant des institutions inutiles, catholiques de nom seulement, et elles accomplissent le travail du diable.

Le catholicisme continue d'exister en ceux qui professent encore la foi catholique, qu'ils soient encore dans le Novus Ordo ou non. Ce qu’il faut c’est un schisme, c'est-à-dire que les catholiques doivent se séparer des hérétiques modernistes. Ils vivent présentement dans la même maison et doivent se séparer.

 

Les bons côtés du règne de Pie XII. Pie XII était un homme d'une orthodoxie catholique absolue et avait compris son rôle de protecteur de cette caractéristique essentielle et sacrée de l’Église catholique.

C'était un homme qui avait compris la dignité très élevée de la papauté et qui se comportait en conséquence. Jamais la papauté ne fut plus respectée que sous Pie XII. C'était une image de la dignité ecclésiastique.

Il promulgua un bon nombre de documents qui exprimaient clairement l'enseignement de l’Église sur de nombreux sujets. Parmi eux : Mystici Corporis, expliquant le Corps Mystique du Christ (1943) ; Mediator Dei, qui donnait les principes de la sainte liturgie de l’Église et mettait en garde contre quelques tendances modernistes (1948) ; Humani Generis, qui condamna en général la nouvelle théologie et mettait en garde contre des erreurs modernes et des tendances de l’époque (1950).

En 1950 également, il proclama solennellement la doctrine de l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie. En 1954, il proclama l'Année Mariale, au cours de laquelle il établit la fête de Marie-Reine.

Le pape Pie XII était sévère contre le communisme, excommuniant ceux qui appartenaient au parti. Il édifia aussi les fidèles dans de nombreux messages radio, utilisant autant que possible les médias de son temps pour répandre l'évangile.

En bref, les bons côtés de son règne furent de présider une Église en bonne santé générale, et, par sa piété, sa science et sa dignité, de gagner l'admiration de beaucoup, catholiques et non catholiques.

 

Les mauvais côtés du règne de Pie XII. En 1930, quand le pape Pie XI cherchait un nouveau secrétaire pour remplacer le cardinal Gasparri, un certain cardinal Cerretti, potentiel candidat pour ce poste, décrivit le cardinal Pacelli (Pie XII) comme « indécis et mou ». Je pense que c’était là une observation exacte de son caractère, et cela fut un défaut tragique pour lui et pour toute l’Église catholique.

En d'autres termes, bien que le cardinal Pacelli avait des intentions excellentes et une orthodoxie impeccable, il lui était difficile de faire aboutir ces merveilleuses qualités à des actions concrètes.

En lisant à son sujet, j'ai aussi remarqué qu'il avait un respect exagéré, et même une sorte de vénération, pour l'érudition et les sciences physiques. Bien que ces choses doivent certainement être prises au sérieux, nous devons y faire attention en ces temps modernes à causes des préjugés extrêmement anticatholiques de nombreux savants et scientifiques. Il développa probablement cette admiration excessive pour l'érudition et la science à l'université de la Sapienza, à Rome, une des plus glorieuses institutions de la Rome papale, prise et contrôlée par le gouvernement italien maçonnique et athée à partir de 1870. En tout cas, le fait qu'il se laissait facilement impressionné par l'érudition et la science fit de lui une proie des « savants » et « scientifiques » modernistes qui rôdaient dans l’Église.

La dernière chose dont l’Église avait besoin en 1939, l'année de l'élection du Cardinal Pacelli à la papauté, c’était un pape faible et indécis, naïf en ce qui regardait les complots des modernistes. Pendant le règne de saint Pie X (1903-1914), les modernistes se contentèrent simplement de se submerger, pour réapparaître plus tard pendant le règne de Benoît XV (1914-1922) et de Pie XI (1922-1939). Ils utilisèrent alors un instrument entièrement nouveau pour répandre leur hérésie perverse : la sainte liturgie. Ils détournèrent le mouvement liturgique, solidement catholique, lancé par Dom Guéranger et d'autres au dix-neuvième siècle. Ils voulaient en faire un véhicule de l'œcuménisme, qui est un pur produit du modernisme. Proéminents dans ce mouvement liturgique moderniste furent : Pius Parsch, Dom Beauduin, Gérard Ellard, Annibale Bugnini, et beaucoup d’autres de moindre importance, auteurs de livres et pamphlets faisant avancer le même agenda.

Les modernistes firent aussi de nouveau surface dans le domaine de l’Écriture Sainte. Le cardinal Béa, confesseur de Pie XII, était proéminent parmi eux. Il y en eut beaucoup d'autres. Le modernisme biblique pris de l’essor sous le règne de Pie XII.

Enfin, il y avait la Nouvelle Théologie, une renaissance dogmatique du modernisme. Tout comme les vieux modernistes, ils [les « nouveaux théologiens »] détestaient saint Thomas et avec lui la théologie et la philosophie traditionnelles, et ils adaptèrent la théologie catholique aux systèmes de philosophie modernes. Il en résulta de sérieuses erreurs et même des hérésies. Proéminents parmi ces néo-modernistes étaient Karl Rahner, Joseph Ratzinger (plus tard Benoît XVI), Hans Hurs von Balthazar, Edward Schillebeeckx, Yves Congar, Bernard Häring, Hans Küng, Henri de Lubac, Pierre Teilhard de Chardin, et bien d'autres. Ces théologiens circulaient et écrivaient librement sous le règne de Pie XII, et bien que certains reçurent des monitions officielles du Saint Office, ils parvinrent à survivre sans trop de difficulté pendant son pontificat.2 Sous saint Pie X, ils auraient été excommuniés et réduits à l'état laïc.

Ce dont l’Église avait besoin en 1939, après trois décennies de modernisme en plein essor, c'était un autre saint Pie X, quelqu'un qui aurait réprimé l'hérésie avec sévérité.

Toutes ces choses ayant été dites, penchons-nous maintenant sur les mauvais aspects du règne de Pie XII :

  • La nomination d'évêques abominables. Les principaux évêques modernistes à Vatican II avaient été nommés par Pie XII : Köning, Döpfner, Suenens, Lercaro, Montini (futur Paul VI), Wotjyla (futur Jean-Paul II), Cushing, Alfrink, Frings. Ce furent de grandes figures au Concile. Combien d'autres évêques modernistes furent nommés dont les noms nous échappent ? Il faut aussi remarquer que Pie XII éleva au cardinalat un moderniste connu comme tel, Angelo Roncalli, et le fit patriarche de Venise, lui donnant ainsi une possibilité directe de devenir pape. Il fit aussi de Montini, un autre moderniste reconnu, l'archevêque de Milan, et donc papabile.3

  • Dommage fait à la liturgie. En 1948, le pape Pie XII établit la Commission pour la Réforme Liturgique et nomma comme secrétaire, directement en charge de cette Comission, nul autre qu'Annibale Bugnini. Il était à l’époque un moderniste connu en liturgie. En peu de temps, ce franc-maçon produisit la réforme des rites de la semaine sainte, promulguée en 1955 par Pie XII. Elle contenait de nombreux éléments qui seront plus tard incorporés dans la nouvelle messe, également mise au point par le même Bugnini, avec l'aide de six ministres protestants. D'autres changements concernant la messe, le calendrier liturgique et le bréviaire furent réalisés en 1955, 1957 et 1958. Tous ces changements allaient dans la direction de l’utlime réforme liturgique de Paul VI.

  • L’essor du modernisme dans les séminaires romains. Les séminaires romains étaient la pépinière des futurs évêques et ces séminaires furent infectés sous le nez même de Pie XII, par du modernisme de toute sorte. Bien qu'il ne fut pas moderniste lui-même, le pape Pie XII fut cependant faible et négligent par rapport à la répression du modernisme et contribua ainsi beaucoup à la ruine présente dont nous sommes témoins.

 

En résumé, le règne de Pie XII continuait avec la force vive de l'orthodoxie et la vigueur conférées par les papes précédents. En ouvrant la porte aux modernistes dans l'épiscopat, la Curie et les séminaires, il leur laissa la main libre pour détruire le catholicisme au concile Vatican II.

Sous saint Pie X, les rats modernistes s’immergèrent dans l'eau de cale du navire catholique. Après sa mort, ils se frayèrent graduellement un chemin jusqu'aux ponts inférieurs de ce même navire, jusqu'à se précipiter finalement sur le pont supérieur sous Pie XII. Il fut peu efficace pour arrêter le mouvement, mais au contraire le favorisa beaucoup par mollesse, faiblesse et négligence. Après sa mort, avec l'accession de Jean XXIII, les rats modernistes arrivèrent désormais aux commandes : au gouvernail et à la roue. On connaît la suite.

Le plus grand acte du pape Pie XII. Bien qu'il y ait de nombreux points négatifs dans le règne de Pie XII, il entreprit cependant quelque chose de très courageux en 1954 : la canonisation de saint Pie X. Ce grand pape était perçu par les modernistes comme un oppresseur sévère. Plusieurs des modernistes qui avaient « souffert » sous saint Pie X étaient encore en vie, tel Roncalli. Ils vinrent l'un après l'autre à la congrégation responsable de la canonisation, se plaindre des « horreurs » du règne du pape Pie X. Mais Pie XII les ignora, dispensa la règle des cinquante ans pour les canonisations, et éleva courageusement le grand antimoderniste à l’honneur des autels. Cela revenait à dire : « Je ne suis pas assez fort pour arrêter le modernisme, mais vous avez maintenant un saint qui l'a fait. » Il approuva ainsi toute la campagne antimoderniste de saint Pie X, pour laquelle son pontificat a une telle renommée.

Il ne faut pas s'étonner que, lorsque questionné par un journaliste français athée à propos de saint Pie X, Jean XXIII ait répondu : « Il n'est pas saint ! »

 

Sincèrement vôtre dans le Christ,

 

Mgr. Donald Sanborn

Recteur

 

1 La Ligue pour la vertu (en anglais, National Legion of Decency) est un groupe de pression créé en 1933 par les représentants de l'Église catholique romaine aux États-Unis. Le but était de purifier les productions cinématographiques qui semblaient exercer une mauvaise influence sur la population en général et les enfants en particulier. Soutenue par le pape Pie XI, qui encourageait même d'autres pays à se doter de leur propre Ligue, la Ligue pour la vertu constituait un des groupes de pression les plus forts de l'époque. En 1934, entre 7 et 9 millions de personnes (catholiques pour la plupart, mais aussi protestants et juifs) avaient prêté serment de condamner et boycotter tout film offensant la morale chrétienne. La Ligue avait son propre système de classification de films, qui concernait autant les films produits aux États-Unis que les productions étrangères importées… (Wikipédia) [NDT]

 

2 Exception faite pour les plus virulents d'entre eux. Ainsi Congar fut interdit d'enseignement. Idem pour de Lubac et plusieurs autres. Mais ils ne furent pas obligés de se rétracter ni jamais entièrement réduits au silence. [NDT]

3 C'est-à-dire, éligible à la papauté, et ayant une chance sérieuse d’être élu Pape. [NDT]

 

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MHTS Newsletter - Juillet 2018

Publié le par Études Antimodernistes

Par Mgr Donald J. Sanborn.

 

Most Holy Trinity Seminary Newsletter, Juillet 2018.

EtudesAntimodernistes.fr,  Juillet 2018.

MHTS Newsletter - Juillet 2018

[Vatican II enseigne-t-il l’hérésie?]

 

Mgr Bernard Fellay

 

Bien chers fidèles,

 

    Bien qu’il y a deux mois je pensais que l’on aurait une pauvre année, finalement nous aurons beaucoup de séminaristes cette année. Au moment où j’écris ce bulletin, nous attendons six nouveaux séminaristes, deux du Nigéria, et quatre des Etats-Unis. Je suis heureux de voir des séminaristes américains, puisque l’apostolat qui attend ces jeunes hommes sera en Amérique, ou du moins en pays de langue anglaise.

 

    Interview de Mgr Fellay. Mgr Fellay, qui a été, jusque récemment, le supérieur de la Fraternité Saint Pie X pendant vingt-quatre ans, donna une interview au Tagespost lors de laquelle il a dit certaines choses qui méritent notre attention.

    La première de ces choses est la suivante: « Nous n’avons jamais dit que le Concile enseigna directement des hérésies. Mais il retira le mur de protection contre l’erreur, et permit en cela à l’erreur de se montrer. »

    Est-ce là une affirmation correcte? Vatican II a-t-il simplement exposé l’Eglise à l’erreur? Ou bien contenait-il en fait des hérésies? Réponse: Il contenait des hérésies.

 

    Première hérésie de Vatican II: l’oecuménisme. Le document Unitatis Redintegratio, ou Décret sur l’Oecuménisme, contient une hérésie flagrante contre le dogme catholique qui enseigne que hors de l’Eglise il n’y pas de salut. Le Concile affirme:

 

En conséquence, ces Églises et communautés séparées, bien que nous croyions qu’elles souffrent de déficiences, ne sont nullement dépourvues de signification et de valeur dans le mystère du salut. L’Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d’elles comme de moyens de salut, dont la vertu dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l’Église catholique. [Unitatis Redintegratio, n. 3][Formatage ajouté].

 

    L’Eglise catholique enseigne comme un dogme — qui fut appelé « dogme parfaitement connu » par Pie IX — qu’il n’y a pas de salut hors de l’Eglise. Le Concile affirme la proposition exactement contradictoire au dogme catholique, à savoir qu’il y a un salut hors de l’Eglise catholique, que ces religions non-catholiques peuvent procurer le salut à leurs adhérents, et sont en effet le moyen par lequel ceux-ci sont sauvés. C’est une hérésie.

 

    Deuxième hérésie de Vatican II: la liberté religieuse. L’Eglise catholique, qui professe être la vraie et unique Eglise fondée par Jésus-Christ, et en dehors de laquelle il n’y a pas de salut, comprend la liberté religieuse comme étant la liberté de l’Eglise catholique d’accomplir sa mission dans le monde entier, de s’établir partout, et de fonctionner librement comme une entité distincte de l’Etat. Elle revendique aussi la liberté de ses adhérents de professer et d’exercer leur foi catholique sans harcèlement ni persécution.

    Elle condamne l’idée, comme étant contraire à la Sainte Ecriture, selon laquelle toutes les religions jouissent de ces mêmes libertés et droits. Car affirmer une telle chose reviendrait à dire qu’une personne ou une organisation aurait un droit à faire une chose mauvaise. Mais cela est contraire à la loi naturelle, et par conséquent contraire à l’enseignement de l’Eglise. Vous ne pouvez avoir le droit de faire que ce qui est correct, et vous ne pouvez jamais avoir le droit de faire ce qui est mal.

    La liberté est le pouvoir de choisir le bien. La licence est la liberté faussement accordée à la volonté de choisir le mal. Afin qu’il y ait exercice de la vraie liberté, il est nécessaire qu’elle n’empiète sur aucun devoir. Car la liberté n’existe pas pour le mal, mais pour le bien. Par conséquent, à chaque fois que l’homme abuse de sa liberté dans le but de commettre le mal, on ne devrait pas parler de liberté, mais de licence.

    La liberté de conscience est absolument impie. Car l’homme est tenu par un devoir très strict de penser correctement concernant Dieu, et les choses qui regardent la religion tant spéculative que pratique. Or aller contre un devoir naturel très strict est une licence, et non une liberté. Et si nous parlons d’une transgression volontaire de notre devoir envers Dieu, la susdite licence est une impiété. Puisque, par conséquent, la liberté de conscience donne à l’homme le droit de penser tout ce qu’il veut concernant Dieu, cette liberté, ce droit, est en réalité une impiété.

    La liberté des religions, considérée en elle-même, est absurde. Cela est prouvé par ce que l’on a déjà dit. Car la liberté des religions trouve son unique source dans la liberté de conscience. Puisque la liberté de conscience est absurde, il s’ensuit que la liberté des religions est également absurde. Mais il faut en dire davantage. Si l’on concède la liberté des religions, on refuse à Dieu le pouvoir d’imposer aux hommes un culte déterminé, et on impose à Dieu une certaine obligation d’accepter ou au moins d’approuver toute forme de culte qui Lui est présentée par la raison humaine. Mais Dieu a commandé une forme de culte — la religion catholique. Il n’est donc pas obligé d’accepter toute forme de culte que Lui donnent les êtres humains. Il s’ensuit que les hommes ne peuvent pas, sans une irréligion et une impiété patente, rejeter les préceptes de Dieu, et être les arbitres de leur propre culte. D’autre part, il est impie de nier à Dieu la faculté de déterminer le culte, et de Lui imposer une sorte de devoir d’approuver toutes les formes de culte sans discrimination. La liberté des religions est donc absurde.

    Vatican II, cependant, enseigne que la liberté religieuse est pour l’individu et pour les organisations religieuses un droit qui découle de la notion de dignité humaine. Bien plus, il affirme que cet enseignement concernant la dignité humaine est contenu dans la révélation, mais se garde bien de présenter une référence dans la révélation où Dieu garantit le droit de croire et de pratiquer la religion de votre choix.

    Vatican II enseigne dans Dignitatis Humanae, n. 2:

 

Ce Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse. Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être exempts de toute contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres.

 

    Certains essaient de défendre le Concile en disant que la seule chose qu’il cherche à dire est que personne ne doit être converti au catholicisme sous la menace du glaive. L’Eglise a toujours enseigné que la conversion ne devait pas se passer de cette manière, et a condamné toute tentative de ce genre. Mais que telle n’est pas l’intention du Concile est visible dans les paragraphes subséquents à celui cité plus haut:

 

La liberté ou absence de toute contrainte en matière religieuse qui revient aux individus doit aussi leur être reconnue lorsqu’ils agissent ensemble. Des communautés religieuses, en effet, sont requises par la nature sociale tant de l’homme que de la religion elle-même.

 

Dès lors, donc, que les justes exigences de l’ordre public ne sont pas violées, ces communautés sont en droit de jouir de cette absence de contrainte afin de pouvoir se régir selon leurs propres normes, honorer d’un culte public la divinité suprême, aider leurs membres dans la pratique de leur vie religieuse et les sustenter par un enseignement, promouvoir enfin les institutions au sein desquelles leurs membres coopèrent à orienter leur vie propre selon leurs principes religieux.

 

Les communautés religieuses ont également le droit de ne pas être empêchées, par les moyens législatifs ou par une action administrative du pouvoir civil, de choisir leurs propres ministres, de les former, de les nommer et de les déplacer, de communiquer avec les autorités ou communautés religieuses résidant dans d’autres parties du monde, de construire des édifices religieux, ainsi que d’acquérir et de gérer les biens dont ils ont besoin.

 

Les communautés religieuses ont aussi le droit de ne pas être empêchées d’enseigner et de manifester leur foi publiquement, de vive voix et par écrit.

 

    Ceux d’entre nous qui ont vécu dans un pays tel que les Etats-Unis, où la liberté religieuse décrite dans ces paragraphes est considérée comme un droit civil normal, voire sacré, peuvent ne pas réaliser la malice de ces paroles. Substituer le mot « avortement » à la place de « religion » peut rendre les choses plus claires: « Ce Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à l’avortement. » « Des cliniques d’avortement, en effet, sont requises par la nature sociale tant de l’homme que de l’avortement lui-même. » « Dès lors, donc, que les justes exigences de l’ordre public ne sont pas violées, ces cliniques d’avortement sont en droit de jouir de cette absence de contrainte afin de pouvoir se régir selon leurs propres normes, accomplir publiquement des avortements, aider leurs membres dans la pratique de leur avortement et les sustenter par un enseignement, promouvoir enfin les institutions au sein desquelles leurs membres coopèrent à orienter leur vie propre selon leurs principes d’avortement. »

    Faut-il que je continue? Il faut remarquer ici que si odieux que soit le crime de l’avortement, la profession d’une fausse religion est bien plus odieuse aux yeux de Dieu, puisque directement contraire à Ses droits solennels. On ne doit pas oublier que dans le livre de l’Exode (chapitre 32) Dieu ordonna la mise à mort de tous ceux qui avaient pris part au culte du veau d’or, et ne s’en étaient pas repentis. 23000 personnes furent mises à mort. Cet évènement important devait montrer au peuple hébreu la nécessité d’adhérer à la vraie religion, et de fuir les fausses religions. Selon Vatican II, Moïse aurait du proclamer la liberté religieuse pour tous les adorateurs du veau d’or.

    La liberté religieuse, telle qu’elle est enseignée par Vatican II, est en effet une hérésie. Elle fut solennellement condamnée par le Pape Pie IX comme étant contre les Ecritures. De plus, Monseigneur Lefebvre considérait la liberté religieuse comme une hérésie. C’est exactement ce qu’il a dit, lors d’une conversation avec l’abbé Cekada lors d’un dîner à Oyster Bay.

    Troisième hérésie de Vatican II: la nouvelle ecclésiologie. Par ecclésiologie on veut désigner la doctrine de l’Eglise concernant sa propre nature, c’est-à-dire, son essence et ses caractéristiques. Vatican II enseigne une ecclésiologie hérétique, contenue dans Lumen Gentium.

    Le dogme traditionnel de l’Eglise catholique est qu’elle, et elle seule, est la vraie et unique Eglise du Christ, et par conséquent que toute entité hors d’elle est une fausse religion. Cela comprend même les religions schismatiques de l’Est, qui peuvent avoir un sacerdoce et des sacrements valides. Si vous êtes détachés du centre — le Pape — vous n’êtes rien autre qu’une branche morte qui est tombée de la vigne.

    Vatican II a modifié cette doctrine afin d’introduire les autres dénominations chrétiennes dans l’Eglise du Christ, en disant que l’Eglise du Christ, en tant que corps organisé, subsiste dans l’Eglise catholique.

    Que signifie subsister dans? La subsistance est la perfection d’une chose par laquelle elle existe en elle-même, et non dans une autre chose. Par exemple, une couleur ne peut pas exister par elle-même, mais doit toujours exister dans une autre chose, par exemple, dans une peinture, une fleur, un vêtement. Cette « autre chose » doit avoir sa propre subsistance.

    En appliquant cela à l’ecclésiologie, si l’Eglise du Christ ne subsiste pas en elle-même, mais doit subsister dans une autre chose, cela signifie que l’Eglise du Christ est réellement distincte de ce en quoi elle subsiste, c’est-à-dire que ce sont là deux choses différentes par nature. Cela signifie que l’Eglise du Christ n’est pas l’Eglise catholique, et que l’Eglise catholique n’est pas l’Eglise du Christ. Si elles n’étaient pas deux choses de nature différente, alors elles seraient la même chose, et l’on devrait dire que l’Eglise du Christ est l’Eglise catholique, ce qui est précisément le dogme de l’Eglise catholique.

    La doctrine du « subsiste dans » signifie également que l’Eglise du Christ pourrait subsister dans une autre chose, comme l’Eglise luthérienne, par exemple.

    Cette doctrine est merveilleuse pour l’hérésie de l’oecuménisme et la liberté religieuse, mais elle détruit l’enseignement de l’Eglise selon lequel l’Eglise catholique est exclusivement l’Eglise du Christ, et vice versa. L’Eglise du Christ et l’Eglise catholique sont une seule et même chose, et de façon exclusive, si bien qu’aucune autre organisation « chrétienne » ne peut d’aucune façon se donner le nom d’Eglise du Christ. Le seul nom qui leur soit approprié est celui de secte hérétique ou schismatique.

 

    Quatrième hérésie de Vatican II: la collégialité. Cette doctrine, également contenue dans Lumen Gentium, soutient que le sujet (le possesseur) du pouvoir suprême dans l’Eglise est le collège des évêques. Voyez ce que dit le Concile:

 

L’ordre des évêques, qui succède au collège apostolique dans le magistère et le gouvernement pastoral, bien mieux dans lequel le corps apostolique se perpétue sans interruption constitue, lui aussi, en union avec le Pontife romain, son chef, et jamais en dehors de ce chef, le sujet du pouvoir suprême et plénier sur toute l’Église, pouvoir cependant qui ne peut s’exercer qu’avec le consentement du Pontife romain.

 

    Ceci est une hérésie. Car l’Eglise catholique enseigne que le Pontife Romain est la tête de l’Eglise catholique. Ecoutez le Concile de Florence: « Nous définissons également que le Saint-Siège apostolique et le Pontife romain possèdent la primauté sur toute la terre; que ce Pontife romain est le successeur du bienheureux Pierre, le chef des Apôtres et le vrai vicaire du Christ, la tête de toute l'Église, le père et le docteur de tous les chrétiens; qu’à lui, dans la personne du bienheureux Pierre, a été confié par notre Seigneur Jésus-Christ plein pouvoir de paître, de régir et de gouverner toute l’Église comme le disent les actes des conciles oecuméniques et les saints canons. » (Décret pour les Grecs, 6 juillet 1439).

    Le Pape Pie VI a condamné la doctrine suivante: « Les évêques tous ensemble et en un seul corps gouvernent la même Eglise, chacun avec pouvoir plénier. »

    Certains essaient de sauver Vatican II de l’hérésie en disant que le Concile affirme que le Pape est la tête de ce collège, qui ne peut agir sans lui. Mais cela ne sauve pas le Concile de l’hérésie, parce que le Pape ne devient dans ce cas qu’un simple membre du collège des évêques, et uniquement une condition de leur pouvoir, et non la source de leur pouvoir.

    D’autres essaient de sauver le Concile en soulignant que le document affirme que le Pape est la tête de l’Eglise: « En effet, le Pontife romain a sur l’Église, en vertu de sa charge de Vicaire du Christ et de Pasteur de toute l’Église, un pouvoir plénier, suprême et universel qu’il peut toujours exercer librement. » Mais c’est là une tentative futile. Aucune organisation ne peut avoir deux têtes, deux législateurs suprêmes. Par exemple, il est impossible que le roi et le parlement soient simultanément le législateur suprême. L’un d’eux doit avoir le dernier mot, auquel l’autre est subalterne. Le roi Charles Ier d’angleterre fut décapité pour avoir maintenu la suprématie du roi sur le parlement.

    D’autres encore veulent sauver le Concile en citant la Note Explicative Préliminaire (la Nota Praevia), mais cela n’est d’aucun secours, puisqu’elle ne fait pas partie du document accepté par les évêques. Le théologien moderniste Yves Congar l’a tout de suite remarqué, quand il était peritus au Concile. Par ailleurs, il n’y a rien dans la Nota Praevia qui annule l’hérésie conciliariste du document.

    La doctrine catholique affirme que le Pape, en tant que chef suprême de l’Eglise, peut inviter les évêques à un concile général, dans lequel, par son consentement, ils participent à son pouvoir de gouverner l’Eglise. En dehors de ces conciles généraux, l’autorité des évêques se limite à leurs diocèses. Le pouvoir de gouverner le diocèse vient du Christ, mais il leur vient par l’intermédiaire du Pontife Romain, qui peut leur retirer ce pouvoir quand il le veut. Le Pape Pie XII a enseigné dans l’Encyclique Mystici Corporis: « Pourtant, dans leur gouvernement, ils ne sont pas pleinement indépendants, mais ils sont soumis à l'autorité légitime du Pontife de Rome, et s'ils jouissent du pouvoir ordinaire de juridiction, ce pouvoir leur est immédiatement communiqué par le Souverain Pontife. » (n. 42)

 

    Monseigneur Fellay se rend aux modernistes sur la question du Concile. Il y a environ un an, le Vatican a déclaré à la Fraternité Saint Pie X qu’il ne pouvait y avoir aucun espoir de réconciliation tant que la FSSPX n’accepterait pas Vatican II et le magistère subséquent. En disant qu’il n’y a pas d’hérésie dans Vatican II, Mgr Fellay affirme que Vatican II est orthodoxe, c’est-à-dire, catholique, et n’offense pas la foi catholique.

    S’il en est ainsi, alors quelle est la raison de tout ce que nous faisons depuis cinquante ans?

 

    Monseigneur Fellay se rend également sur la question de la Nouvelle Messe. Mgr Fellay fait cette affirmation importante: « Toute Nouvelle Messe n’est pas toujours directement un scandale, mais la célébration répétée de la Nouvelle Messe mène à un affaiblissement ou même à une perte de la foi. »

    Question: comment pourrait-elle ne pas être un scandale si elle mène à la perte de la foi? Comment une Eglise infaillible et indéfectible, l’Eglise du Christ, assistée par le Saint Esprit, la colonne et le fondement de la vérité, comme l’appelle saint Paul, pourrait-elle promulguer au monde entier un rite qui mène? L’affirmation de Mgr Fellay tombe sous l’anathème du Concile de Trente: « Si quelqu’un dit que les cérémonies, les ornements et les signes extérieurs que l’Eglise catholique utilise dans la célébration des messes incitent à l’impiété, plutôt qu’aux offices de piété, qu’il soit anathème. »

    Mgr Fellay affirme dans cette même interview que la Messe traditionnelle est comme une trompette d’argent, tandis que la Nouvelle Messe est comme une trompette de cuivre:

 

Je dis seulement que si vous recevez un chef d’Etat, et que vous avez le choix entre une trompette en argent et une trompette en cuivre, choisiriez-vous la trompette en cuivre? Ce serait une insulte. Vous ne le feriez pas. Même les meilleures Nouvelles Messes sont comme des trompettes en cuivre, en comparaison à la liturgie traditionnelle. Pour Dieu, nous choisirions le meilleur.

 

    La seule conclusion que l’on puisse inférer de cette affirmation c’est que la Nouvelle Messe est une Messe catholique, simplement inférieure à la Messe traditionnelle. Après tout, ce sont toutes les deux des trompettes! La trompette en argent est simplement plus jolie que la trompette en cuivre. Je pense qu’une meilleure analogie aurait été de comparer la Nouvelle Messe non pas à une trompette en cuivre, mais à un énorme éléphant dégageant des gaz.

    Mgr Fellay, jusque récemment, était le supérieur de l’organisation qui se fait passer pour le rempart de la tradition, l’unique espérance des fidèles catholiques qui veulent se protéger de Vatican II et de ses réformes. Et pourtant il est complètement perdu en ce qui concerne les plus hauts principes directeurs de résistance à Vatican II. D’un côté il dit que la Nouvelle Messe affaiblit ou détruit la foi — ce qui veut dire que c’est un poison — et puis quelques lignes plus loin il dit que c’est une trompette de cuivre et non une trompette d’argent, signifiant qu’il n’y a qu’une différence de qualité entre les deux Messes.

    C’est pour cette raison que nous nous réjouissons de nous être séparés de la FSSPX en 1983. Nous avions vu les débuts de cette confusion théologique, cette théologie à la Maxine Waters, et nous ne voulions surtout pas y prendre part.

    Peut-être sommes-nous peu en comparaison de la FSSPX, mais nous ne sommes pas théologiquement confus. Comme disait le Père Garrigou-Lagrange: « Mille idiots ne valent pas un génie. » Et bien, de même, mille prêtres confus ne valent pas un prêtre avec la tête bien accrochée.

 

Sincèrement vôtre dans le Christ,

 

Monseigneur Donald J. Sanborn

Recteur

Publié dans MHTS Newsletter, Articles

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Sacre épiscopal de l'abbé Selway

Publié le par Études Antimodernistes

Monseigneur Donald J. Sanborn, ayant eu récemment de graves soucis de santé, dont il s'est bien remis, Dieu merci, a pris la grave décision de consacrer au plus tôt un successeur. L'abbé Joseph Selway sera donc consacré évêque le 22 février 2018, au Séminaire de la Très Sainte Trinité (en Floride, aux États-Unis). Nous publions ici la traduction du passage de la dernière Newsletter annonçant la consécration (la date n'était alors pas encore déterminée) :

 

L'abbé Selway sera consacré au printemps. Évidemment tôt ou tard il fallait que je choisisse quelqu'un qui me succède dans ce que je fais et dis. J'aurais soixante-huit ans en février. J'ai pensé faire cette consécration depuis un bon moment, et la Providence divine a maintenant indiqué, il me semble, le temps opportun.

L'abbé Selway est le candidat tout désigné pour être évêque. Il est sous ma tutelle depuis ses six ans. Il connaît profondément nos principes et nos manières de faire. Il jouit déjà du respect de tous les prêtres associés avec nous dans l'Institut Catholique Romain. Il a une excellente réputation. Je ne connais personne qui présenterait la moindre objection à ce choix. De nombreux prêtres se fient déjà à sa direction.

Ordonné en 2001, il célébrera son 16ème anniversaire d'ordination ce 8 décembre. Il aura quarante ans en janvier. Il a donc et l'âge et l'expérience pour être évêque.

C'est un homme de foi ferme et de piété profonde, et un travailleur déterminé. Il sera un grand atout pour le mouvement traditionnel.

Je n'ai pas encore fixé de date pour la consécration, puisqu'un évêque a besoin d'un bon nombre de choses. Il doit aussi apprendre les différents rites sacramentels propres à l'évêque.

Veuillez prier pour l'abbé Selway. Être évêque aujourd'hui n'est pas facile. C'est une lourde charge.

La consécration de l'abbé Selway ne signifie pas que je me mettrais en retraite. Avant Vatican II, les prêtres et les évêques ne se mettaient jamais vraiment en retraite ; ils ralentissaient seulement.

Je n'ai pas l'intention de ralentir, mais avoir un autre évêque disponible pour aller aux nombreux endroits qui requièrent mes services allégera mon fardeau.

L'abbé Selway et Monseigneur Sanborn

 

Mgr Guérard des Lauriers a longuement expliqué la nécessité des consécrations épiscopales à notre époque.1 L'importance de la consécration d'évêques fidèles, pour la continuation de la Mission de l’Église, est cruciale. Le pouvoir d'ordre et de juridiction doivent toujours se trouver dans l’Église, mais de façon différente. Si, dans une situation de vacance, le pouvoir de juridiction n'existe plus qu'en puissance, le pouvoir d'ordre, lui, doit toujours demeuré en acte dans l’Église. Il suffit (et il est nécessaire) à l'indéfectibilité de l’Église que soit toujours conservé la possibilité d'élire un nouveau Pape, et de cette façon le pouvoir suprême peut être conservé dans l’Église seulement en puissance ; c'est-à-dire que, n'existant pas actuellement, il peut être acquis à l'avenir. Les électeurs ne donnent pas en effet le pouvoir de juridiction suprême à l'élu du conclave, mais seulement la désignation. Notre Seigneur Lui-même confère l'autorité à l'élu qui a dûment accepté l'élection (voir les nombreux articles sur le sujet). Le pouvoir d'ordre, par contre, ne peut pas être préservé seulement en puissance : il faut qu'il se trouve toujours en acte, c'est-à-dire qu'il faut qu'il y ait jusqu'à la fin du monde des hommes actuellement investis du pouvoir des saints ordres, et qui transmettent ce pouvoir d'âge en âge. La préservation de l'ordre exige la préservation de l'épiscopat, sans lequel les saints ordres finiraient par disparaître.

L'abbé Francesco Ricossa, dans le Sodalitium n°44, a amplement répondu aux objections soulevées contre les consécrations épiscopales sans mandat apostolique. Les évêques ainsi consacrés sont évêques quant à l'ordre, mais non quant à la juridiction.

 

 

1Mgr Guérard des Lauriers O.P., Consacrer des évêques ? paru dans le Sodalitium n°16, de mars-avril 1988, republié dans Le Problème de l'Autorité et de l’Épiscopat dans l’Église, Collection Cassiciacum, Tome II, CLS Verrua Savoia, 2006.

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