Le Piège de la Messe du Motu

Publié le par Études Antimodernistes

Par M. l'Abbé Anthony Cekada

 

traditionalmass.org, Juillet 2007.

EtudesAntimodernistes.fr, Novembre 2016.

 

Ratzinger « libère » le Missel de 1962.

Bienvenue dans son arc-en-ciel…

 

 

Une « marque d'identité… une forme de rencontre… qui leur convenait particulièrement… » Une « sacralité qui attire beaucoup de gens. »

Benoît XVI, sur ses raisons d'instituer la Messe du Motu.

 

« Légitimer diversité et sensibilités différentes, dignes de respect… Stimulé par l'Esprit qui rassemble tous les charismes dans l'unité. »

Jean Paul II, sur la Messe traditionnelle, à la Fraternité St. Pierre.

 

« Tout dans leur système s'explique par leurs pulsions ou leurs besoins internes. »

Pape St. Pie X, des modernistes et des sacrements, Pascendi.

 

 

Le 7 juillet 2007 Benoît XVI a publié Summorum Pontificum, son Motu Proprio prévu depuis longtemps, qui permet une utilisation plus large de la Messe latine traditionnelle (de 1962). Cette initiative n'est nullement une surprise. En tant que Cardinal en effet, Joseph Ratzinger avait déjà bien des fois tenu des propos favorables à l'ancienne Messe.

Voici quelques clauses saillantes du Motu Proprio et de la lettre qui l'accompagne :

  • La Nouvelle Messe de Paul VI est l'expression « ordinaire » de la « loi de la prière » (lex orandi), alors que l'ancienne Messe de Jean XXIII en est l'expression « extraordinaire. » Ce sont les « deux formes de l'unique Rite Romain. » (Motu Proprio, ¶1)

  • Tout prêtre aura la faculté de célébrer la Messe du « Bienheureux Jean XXIII » en privé. (¶2)

  • Dans les paroisses où il existe un groupe stable de fidèles « attachés à la tradition liturgique antérieure, » le curé devra faire droit à leurs requêtes d'une célébration de la Messe de 62. (¶5.1)

  • De telles célébrations pourront avoir lieu les jours de semaine, « alors que les Dimanches et jours de fête, une telle cérémonie pourra être autorisée. » (¶5.2)

  • Les lectures de l'Écriture Sainte pourront être prononcées en langues vernaculaires. (¶6)

  • Le rite antérieur pourra être également utilisé, à la demande, pour les mariages et obsèques (¶5.3), et le curé pourra également autoriser l'usage des rites antérieurs pour administrer les sacrements. (¶9.1)

  • L'évêque du diocèse pourra établir une « paroisse personnelle » pour de telles célébrations. (¶10)

  • La Nouvelle Messe et l'ancienne ne constituent nullement « deux Rites, » mais une double forme d'« un seul et même rite. » (Lettre aux Évêques)

  • L'ancien Missel « n'a jamais été juridiquement abrogé, et par conséquent, dans le principe, a toujours été autorisé. »

  • Les deux rites « s'enrichissent mutuellement. »

  • Les nouveaux saints et les nouvelles Préfaces tirées du Nouveau Missel « pourront et devront être insérés dans l'ancien. »

  • Il n'existe « aucune contradiction » entre les deux rites.

  • Les prêtres des communautés qui adhèrent à l'usage antérieur « ne sauraient, en matière de principe, exclure de célébrer selon les nouveaux livres liturgiques. »

Aussi, à présent que la « Messe du Motu » est finalement arrivée, que devrions nous en faire ? Voici quelques considérations préliminaires.

 

 

 

I. Aspects Positifs

 

1. Un Constat d'Échec.

C'est en tant que séminariste dans les années 60, que j'ai vécu de l'intérieur toute la révolution liturgique, et depuis lors j'ai lu les commentaires sur la réforme de ceux mêmes qui l'avaient organisée : Bugnini, Jungmann, Braga, Wagner, Patino, Botte, Vaggagini, Brandolini, et bien d'autres.

A cette époque et pour ces hommes, il n'a jamais été une seule fois question de permettre à la Messe pré-Vatican II de subsister, ne serait-ce que sur une base restreinte. Le nouveau rite de la Messe du Missel de 1970 de Paul VI devait constituer la Messe du Rite Romain, point à la ligne, et elle devait constituer un grand pas en avant pour l’Église.

Telle était l'intention de Paul VI lui-même. En Novembre 1969, peu avant que sa Nouvelle Messe ne fut introduite dans les églises de par le monde, c'est ce thème qu'il développait au cours de deux audiences générales :

« [La réforme liturgique] constitue un pas en avant pour la tradition authentique [de l’Église]. C'est un signe clair de fidélité et de vitalité… Ce n'est pas un mirage, une expérimentation fugace ou optionnelle, l'invention de quelque dilettante… Cette réforme met un terme aux incertitudes, aux discussions et aux abus arbitraires. Elle nous appelle au retour à cette uniformité des rites et attitudes qui sont propres à l’Église Catholique…

« [L']axe fondamental de la Messe reste son axe traditionnel, non seulement sur le plan théologique, mais aussi sur le plan spirituel. Et bien sûr, si le rite est célébré comme il doit l'être, l'aspect spirituel de la Messe s'en trouvera grandement enrichi. »…

« Ne parlons donc pas d'une 'nouvelle Messe,' mais d'un 'nouvel âge' dans la vie de l’Église. »

Ce nouvel âge est maintenant terminé. Quatre décennies « d'une plus grande richesse » durant, les ordinations aux États-Unis ont chuté de 72%, le nombre des séminaristes de 90%, les séminaires de 66%, les sœurs enseignantes de 94%, les inscriptions dans les écoles catholiques de 55%, et l'assistance à la Messe d'environ 60%.

Dans les années 1990, une nouvelle génération de clercs a commencé à se détourner du rite de Paul VI et à regarder le Missel Tridentin avec regret. Des diplômés issus de divers séminaires diocésains dénichaient d'anciens ornements liturgiques, suivaient des cours sur les rubriques pré-Vatican II, célébraient furtivement la Messe traditionnelle, et d'une manière générale, espéraient en quelque chose de plus catholique que ce que l'on pouvait trouver dans le nouveau rite.

Si la Nouvelle Messe avait été un succès, rien de tout cela n'existerait. La Messe du Motu constitue le constat de l'échec du Novus Ordo.

 

2. Levée de l'Opprobre.

De 1964 à 1984, la hiérarchie moderniste a traité ceux qui voulaient l'ancienne Messe, comme des proscrits, des arriérés et des troglodytes.

L'indult de 1984, puis l'établissement en 1988 de la commission Ecclesia Dei, avait cependant levé quelque peu l'opprobre attaché à la promotion de la « Messe Latine. »

La Messe du Motu de Ratzinger continuera à « légitimer » aux yeux de beaucoup des pratiques liturgiques pré-Vatican II.

 

3. Une Cause de Division dans le Camp de l'Ennemi.

En dépit des habiles garde-fous que Ratzinger s'est efforcé d'instituer, la Messe du Motu sera inévitablement cause de conflit parmi les adhérents de Vatican II.

Dans les autres parties du monde, je ne sais pas ; mais je peux prédire avec probabilité comment cela va se passer dans les banlieues américaines, où résident aujourd'hui la majorité des catholiques du Novus Ordo. C'est là, dans des églises à l'architecture qu'on ne peut distinguer de celle de chaînes de restaurants et de succursales de banques, que des comités de femmes laïques « responsables » et agressives, salariées ou volontaires, en union avec les « femmes religieuses » libérées qu'on trouve encore occasionnellement, dictent à présent les politiques et pratiques paroissiales. Elles, et leurs camarades des banlieues, apprécient précisément le laxisme de la Messe et de la religion de Vatican II tel qu'il est.

Qu'un curé néo-conservateur (typiquement : « le Père Bob, » — bientôt la quarantaine, en surpoids, et ayant changé de carrière) vienne à annoncer que, grâce au Motu Proprio, il va revêtir tout l'équipement de l'ancienne liturgie qu'il a acheté sur eBay, et commencer à célébrer l'ancienne Messe Latine tous les Dimanches à 10 heures du matin, une insurrection de toute la paroisse, accompagnée de protestations auprès de l'évêque et d'une entière campagne médiatique, serait aussitôt organisée par le 'Parti' dirigé par ces femmes.

Multipliez cela par quelques paroisses par diocèses, et vous pourrez mesurer la lutte que la Messe du Motu pourrait déclencher chez l'ennemi. Une maison divisée contre elle-même ne peut subsister, et des divisions qui avancent la décomposition de la nouvelle religion, ne peuvent qu'accélérer la restauration de l'ancienne — quod Deus det !

 

4. Un avertissement aux Tradis Convaincus.

"Saint" Jean Paul IILa plupart des anciens traditionalistes détestent tout bricolage concernant la Messe. Ratzinger, pourtant, suggère quelques changements qui pourraient bien leur être réservés pour leur Messe locale du Motu : les fêtes des nouveaux saints, de nouvelles Préfaces, et des lectures en langues vernaculaires. La question même de savoir si le lectionnaire de Bugnini pourrait être utilisé reste non précisée.

A la bonne heure ! Des duperies de ce genre concernant l'ancienne Messe vont mettre très mal à l'aise les traditionalistes de la vieille école, et leur feront réaliser la stratégie de Ratzinger (on l'espère), et peut-être même les conduiront-elles à penser que les modernistes tels que Ratzinger sont le problème, et non la solution, pour les vrais Catholiques.

 

5. Exaspérer les Prêtres avec la Nouvelle Messe.

Depuis 1988, Jean Paul II et Ratzinger ont approuvé un grand nombre de communautés religieuses quasi-traditionalistes (Fraternité St. Pierre, Institut du Christ-Roi, Institut du Bon Pasteur, etc.) qui ont été autorisées à utiliser le Missel de 62 et les autres rites pré-Vatican II. Celles-ci ont regroupé nombre de clercs qui détestaient la Nouvelle Messe pour avoir été obligés de la célébrer.

C'est fini. Ratzinger leur envoie une bombe : « Il va sans dire que, dans le but de réaliser la pleine communion, les prêtres des communautés qui adhèrent à l'usage antérieur, ne sauraient exclure, en matière de principe, de célébrer selon les nouveaux livres liturgiques. L'exclusion totale du nouveau rite ne serait pas de fait cohérente avec la reconnaissance de sa valeur et de sa sainteté. »

Là encore, à la bonne heure ! Plus les prêtres de ces institutions seront personnellement confrontés à la malfaisance de la Nouvelle Messe, plus tôt ils devront réaliser les contradictions irréductibles de leur propre position.

 

6. Une Introduction aux Véritables Problèmes.

Bien que la Messe de Jean XXIII autorisée par Ratzinger ne soit qu'une version dépouillée de la liturgie traditionnelle intégrale, ce qu'elle conserve encore de l'ancienne Messe suffit à démontrer que, en comparaison, la Nouvelle Messe de Paul VI représente une religion entièrement nouvelle — « centrée sur l'homme, » ainsi que l'un de ses créateurs, l'abbé Martin Patino, l'a proclamé fièrement.

Pour nombre de Catholiques, la route de la conversion au traditionalisme a commencé quand, pour la première fois, ils ont assisté à une Messe Latine traditionnelle et qu'ils l'ont comparée avec le rite néo-protestant célébré dans leurs paroisses. Avec la Messe du Motu, la possibilité de telles occurrences se multiplie exponentiellement.

Ceci conduira sans aucun doute nombre d'âmes sincères et intègres, à considérer, au delà de la question liturgique, l'enjeu doctrinal plus général — les hérésies de Vatican II et des papes post-Conciliaires — et éventuellement à embrasser la seule position logique pour un fidèle Catholique : le sédévacantisme.

 

 

 

II. Aspects Négatifs.

 

1. Adhésion au Subjectivisme Moderniste.

Pensant toujours selon les anciennes catégories religieuses catholiques, les traditionalistes qui ont fait la promotion de la Messe du Motu, vont considérer son approbation comme une défaite retentissante pour le modernisme.

Mais en fait, quelque chose de différent s'est produit : avec la Messe du Motu, les modernistes vont à présent intégrer des tradis trop confiants au sein de leur propre programme subjectiviste.

Le Pape St. Pie X a condamné le modernisme parce que (entre autres choses) il méprisait les dogmes et exaltait le « sentiment religieux » du croyant individuel. Or les prises de position du Vatican qui autorisent l'usage de la Messe traditionnelle, à commencer par l'indult de 1984, l'ont toutes fait sur la base de catégories modernistes dangereuses et subjectives telles que des « sensibilités différentes, » des « sentiments, » une « diversité légitime, » un « épanouissement, » divers « charismes, » des « expressions culturelles, » un « attachement, » etc.1

Ratzinger reprend à présent ce même thème : « attachement, » « affection, » « culture, » « familiarité personnelle, » « marque d'identité, » « qui leur sont chers, » « attraction, » « forme de rencontre, » et « sacralité qui attire. »

Tout est réduit au subjectif.

Que les traditionalistes qui en ont fait la promotion disent ce qu'ils veulent. Pour Ratzinger, la Messe du Motu les insère purement et simplement comme une couleur de plus au sein de son arc-en-ciel de Vatican II.

 

2. Une Chapelle Latérale dans l’Église Œcuménique.

Comme nous l'avons maintes fois souligné ailleurs, la contribution personnelle de Joseph Ratzinger à la longue liste des erreurs de Vatican II est son hérésie « Frankenchurch »2. Pour lui, l’Église est une « communion » — un modèle de l’Église mondialiste œcuménique à laquelle tous appartiennent : Catholiques, schismatiques et hérétiques ; tous possédant des « éléments » de l’Église du Christ, que ce soit « pleinement » ou « partiellement. » Selon son Catéchisme, tous appartiennent au grand et heureux « Peuple de Dieu. »

Sous ce toit, certains apprécient les chorales Luthériennes, les Messes à la guitare, le chant Grégorien, la communion dans la main, les filles enfants de chœur, les laïcs distribuant l'Eucharistie, les liturgies Hindoues et Africaines « adaptées à la culture locale » et la musique Mariachi. D'autres (en « communion partielle » avec Ratzinger) apprécient les sombres chants Orthodoxes, la musique rock, les femmes prêtres, les parfums et cloches anglicanes, les Canons sans Paroles de Consécration, les appels à l'autel à accepter-Jésus-comme-votre-perrrzonel-sauveur, et les Credos sans Filioque.

Il n'est par conséquent guère surprenant que Ratzinger veuille offrir aux traditionalistes la Messe du Motu, et avec elle, une vaste et confortable chapelle latérale dans son église œcuménique. C'est juste une option de plus…

Et de fait, le Père Nicola Bux, ayant participé au Vatican à la rédaction du Motu Proprio, l'a justement appelé : une « 'extension' des options. »

Et bien entendu, il y a un prix à payer.

"expression ordinaire"Selon les termes du Motu Proprio de Ratzinger et de sa lettre d'accompagnement, le Novus Ordo — le sacrilège moderniste protestant et œcuménique qui a détruit la Foi catholique de par le monde — est l' « expression ordinaire de la loi de la prière de l’Église Catholique. » Votre Messe du Motu — la vraie Messe, comme vous aimez peut-être l'appeler — est seulement « extraordinaire. » Le nouveau et l'ancien ne sont que deux usages du seul et même Rite Romain.

Si vous acceptez la Messe du Motu, vous acceptez tout cela, et vous devenez un mercenaire membre de l’Église mondialiste œcuménique de Ratzinger.

 

3. Rituels Catholiques, Doctrines Modernistes.

Des décennies durant, les traditionalistes se sont rassemblés au cri de « C'est la Messe qui compte ! »

Mais en fin de compte, ce n'est qu'un slogan. Vous pouvez aller au Ciel sans la Messe Catholique, mais vous ne pouvez pas aller au Ciel sans la Foi Catholique.

Ratzinger accepte à présent de vous donner la Messe — mais la foi ? Ceux qui acceptent son offre généreuse seront-ils libres de condamner le Novus Ordo, les erreurs de Vatican II, et les faux enseignements des papes post-Conciliaires ?

Pour le savoir, il suffit de jeter un œil sur la Fraternité St. Pierre, l'Institut du Christ-Roi et sur les autres organisations qui célèbrent déjà l'ancienne Messe sous les auspices de la Commission vaticane Ecclesia Dei. La chose la plus audacieuse que leur clergé ait jamais osé faire, fut de présenter une critique occasionnelle et polie au sujet de « déficiences » ou d' « ambiguïtés » dans la nouvelle religion. Ce sont tous à présent des vendus.

Leur principal sujet de préoccupation actuelle va être, comme celui de l'aile High Church des Anglicans, de maintenir les aspects extérieurs du Catholicisme, tout spécialement de son culte. Mais le cœur du Catholicisme — la foi — n'est plus là.

De sorte que, alors qu'un prêtre néo-conservateur qui offre une Messe Motu, peut à présent trouver très émouvant de chanter les anciennes collectes avec leur langage « négatif » au sujet de l'enfer, de la rétribution divine, des Juifs, des païens, des hérétiques etc.., il devrait se rappeler que Vatican II a aboli le substrat doctrinal sur lequel ce langage était basé.3

Pour le bon Père et sa congrégation, la lex orandi qu'ils observent (la Messe traditionnelle) n'a aucune connexion, quelle qu'elle soit, avec leur lex credendi officielle (la religion de Vatican II).

Dès ses débuts au 19ème siècle, le modernisme a cherché à créer une religion divorcée du dogme, mais qui néanmoins satisfasse le « sens religieux » de l'homme. L'ironie est que cette religion auto-contradictoire et sans dogme est à présent concrétisée en plénitude dans la Messe du Motu de Ratzinger.

 

4. Des Non-Prêtres Offrant des Messes Invalides.

« Une fois qu'il n'y aura plus de prêtres valides, ils permettront la Messe Latine. »

Telle fut la prédiction faite au milieu des années 70 par un Capucin, le Père Carl Pulvermacher, ancien prêtre traditionaliste qui travaillait avec la FSSPX et qui était éditeur de leur publication aux États-Unis : The Angelus.

Pas évêque!C'était aussi prophétique. En 1968, les modernistes ont inventé un nouveau Rite de Consécration Épiscopale qui est invalide — il ne peut créer un véritable évêque.4 Quelqu'un qui n'est pas un véritable évêque, ne peut pas, bien sûr, ordonner un vrai prêtre, et toutes les Messes — qu'elles soient traditionnelles, dites en latin, ou Novus Ordo — offertes par un prêtre invalidement ordonné, sont de même invalides.

De sorte que, bientôt quarante ans plus tard, lorsque, grâce au Rite post-Vatican II de la Consécration Épiscopale, il ne reste qu'un petit nombre de prêtres validement ordonnés, le moderniste Ratzinger (lui-même invalidement consacré évêque dans le nouveau rite) autorise la Messe traditionnelle.

Par l'effet du Motu Proprio, donc, des Messes Latines traditionnelles vont commencer à être célébrées largement à travers le monde : le Grégorien et la polyphonie de Palestrina vont se faire écho en des églises magnifiques choisies à cet effet, des ornements en fil d'or vont scintiller, des nuages d'encens vont remplir des absides baroques, des prédicateurs en dentelles vont proclamer le retour du sacré, des clercs aux faces solennelles vont officier avec toute la perfection que leur permettront les rubriques des rites tronqués de Jean XXIII.

Mais la Messe Motu ne sera qu'un spectacle vide. Sans véritables évêques, pas de véritables prêtres ; sans véritables prêtres pas de Présence Réelle ; sans Présence Réelle, pas de Dieu à recevoir et adorer — seulement du pain…

 

 

 

1L’Indult de 1984 : Les Catholiques qui sont « attachés » à la Messe Tridentine. – Lettre Ecclesia Dei de Jean Paul II (1988) : L’ancienne Messe fait partie d'une « richesse pour l’Église d’une diversité de charismes, de traditions, de spiritualité et d'apostolat, lesquelles constituent également la beauté de l'unité dans la diversité ; de cette 'harmonie' mélangée que l’Église terrestre élève jusqu'au Ciel sous l'impulsion de l'Esprit Saint… Du respect doit être témoigné pour les sentiments de tous ceux qui restent attachés à la tradition liturgique Latine. » – Jean Paul II, dans son adresse de 1990 aux Bénédictins du Barroux : La Messe traditionnelle est permise parce que l’Église « respecte et encourage les qualités et talents des diverses races et nations… Cette concession est conçue pour faciliter l'union ecclésiale des personnes qui se sentent attachées à ces formes liturgiques. » – Le Cardinal Mayer, dans sa lettre aux évêques des États-Unis de 1991 : « diversité » et respect des « sentiments. » – Le Cardinal Ratzinger, dans son adresse aux traditionalistes à Rome en 1998 : « Différentes emphases spirituelles et théologiques… cette richesse qui appartient à la même et unique foi catholique. » – Le Cardinal Castrillon-Hoyos, en mai 2007 : « expression rituelle appréciée par certains… cette sensibilité. » – Voir aussi Jean Paul II, adresse à la Fraternité Saint Pierre. Octobre 1998.

2Note du Traducteur : ce concept intraduisible est une référence à Frankenstein, composée d'organes provenant de plusieurs être humains. L'hérésie ainsi appelée « Frankenchurch » est l'hérésie selon laquelle l’Église Universelle se compose des différentes « Églises » ou « communautés ecclésiales » (i.e. : sectes), sorte d'agglomération des catholiques, des hérétiques et des schismatiques en un tout monstrueux.

3En effet, dès que la rumeur du Motu Proprio a commencé à circuler, les Juifs ont émis des protestations contre la restauration des anciennes prières pour leur conversion. Et pourquoi pas ? Vatican II ne leur a–t-il pas déjà assuré la victoire ?

4Voir « Absolument Nul et Entièrement Vain, » « Pourquoi les Nouveaux Évêques ne sont pas de véritables Evêques ? » et « Toujours Nul et Toujours Vain, » sur traditionalmass.org. Les réformateurs ont complètement changé la forme sacramentelle essentielle — la phrase qui, dans le rite, contient ce qui est nécessaire et suffisant pour consacrer un véritable évêque. Ce faisant, ils ont enlevé une notion essentielle : le Pouvoir des Saints Ordres que reçoit un évêque. Si une forme sacramentelle est changée de telle manière qu’elle supprime une notion essentielle, la forme devient invalide. [Note du traducteur : Nous comptons prochainement rediffuser les documents de l'abbé Cekada. Ces documents sont déjà mis à disposition en français par le Comité International Rore Sanctifica, à l'adresse rore-sanctifica.org. ]

III. Dites NON au Motu…

 

A long terme, la Messe du Motu va contribuer au déclin constant de la religion post-Conciliaire et à la mort éventuelle de Vatican II — le bébé démoniaque de Ratzinger, que les limbes mêmes ne peuvent accueillir. De tout cela, nous pouvons seulement nous réjouir.

A court terme, néanmoins, bien des traditionalistes crédules vont être trompés par la Messe Motu en raison du confort ou de la perspective d' « appartenir à quelque chose de plus grand. »

Mais les aspects négatifs de l'assistance effective aux Messes Motu sont du poison pur. Voici deux points cruciaux dont il faut se souvenir :

(1) Dans la plupart des cas, votre Messe Motu locale sera invalide, car le prêtre qui la célèbre aura été ordonné par un évêque invalidement consacré. Certains paroissiens de l'Indult évitent déjà les Messes de la Fraternité St. Pierre pour cette raison.

(2) La Messe Motu fait partie d'une fausse religion. Bien sûr, vous avez votre Messe Latine « approuvée » et peut-être même votre Catéchisme de Baltimore1. Mais vos coreligionnaires dans l’Église de Vatican II ont eux aussi leur Messe et leur Catéchisme, qui sont également « approuvés. »

En assistant à la Messe Motu, vous rentrez dans cet ensemble, et vous affirmez que les différences qui peuvent exister entre vous et ces modernistes qui fréquentent le rite « ordinaire » à la paroisse voisine, ne sont que des faux semblants — « diversité légitime et différentes sensibilités, dignes de respect … stimulées par l'Esprit, » ainsi que Jean Paul II l'a dit à la Fraternité St. Pierre à propos de leur apostolat pour offrir l'ancienne Messe.

Mais, si en tant que fidèle Catholique, vous êtes dégoûté à la pensée de vous compromettre avec l'hérésie et de devenir une couleur de plus dans l'arc-en-ciel liturgique et doctrinal des modernistes, il ne vous reste qu'un seul et unique choix :

Dites NON au Motu !

1Note du traducteur : Catéchisme traditionnel en usage aux États-Unis.