Le Christ ou Bélial ?

Publié le par Études Antimodernistes

Par Mgr Sanborn


inveritateblog.com, Juillet 2015.

EtudesAntimodernistes.fr, Octobre 2016.


Réponse à Mgr Williamson

concernant l'Assistance à la Nouvelle Messe



Mgr Williamson


Le 28 juin 2015, Mgr Williamson a donné une conférence à un groupe de personnes dans le Connecticut, suivie de questions et de réponses.1


Une femme lui a demandé s'il était permis d'assister à la Nouvelle Messe2. Mgr Williamson répondit que, dans certaines circonstances, il est permis de participer activement à la Nouvelle Messe.


Je vais ici analyser sa réponse. Je dois beaucoup le citer, puisque je ne veux pas déformer sa position en présentant simplement quelques commentaires sélectionnés.


Il commence en disant que la Nouvelle Messe est un « élément clé de la nouvelle religion, un élément majeur de l'apostasie mondiale. » Pourtant, il affirme comme « règle d'or » et « règle des règles absolue » ce qui suit : « Faites tout ce dont vous avez besoin pour nourrir votre foi. » Il explique ensuite : « Certains prêtres Novus Ordo nourrissent et édifient la foi dans la paroisse Novus Ordo. » « Il y a eu des miracles eucharistiques avec la Messe Novus Ordo. Ils se produisent encore. »3


Il énonce ensuite ce principe très étrange : « Bien que la nouvelle religion soit fausse, dangereuse, et étrangle la grâce, et aide beaucoup de gens à perdre la foi, en même temps, il y a des cas où elle peut être utilisée et est utilisée pour édifier la foi. »


Enfin, il arrive à ce qu'il appelle le principe essentiel : « Faites ce que vous devez faire pour garder la foi. »


Il prend la décision de suivre un principe entièrement personnel : « Vous faites vos propres jugements. » « Je dois prendre mes propres décisions dans mes propres circonstances. »



Une Nouvelle Messe « dignement célébrée. »

Selon Mgr Williamson, les Messes de ce type édifient la foi et donnent la grâce.


Il résume en disant : « Par conséquent il y a des cas où l'on peut même assister au Novus Ordo avec un effet d'édifier sa foi au lieu de la perdre. » « Restez à l'écart du Novus Ordo. Mais exceptionnellement, si vous veillez et priez, même là, vous pourriez trouver la grâce de Dieu. Si c'est le cas, faites en usage afin de sanctifier votre âme. »


Il conclut la réponse à la question de cette manière : « Si ils [les laïcs] peuvent faire confiance à leur propre jugement, que la participation à la Nouvelle Messe leur fera plus de bien que de mal spirituellement... Mais elle fait du mal en soi. Cela ne fait aucun doute. C'est un rite conçu pour saper la foi des catholiques, et pour changer leur croyance en Dieu en une croyance en l'homme. »


Enfin, voici le coup de grâce : « L'ensemble de la nouvelle religion - et la Messe Novus Ordo est une partie essentielle de la nouvelle religion - est conçu pour vous éloigner de la foi catholique... »



Analyse des Déclarations de Mgr Williamson


Point n°1. La Nouvelle Messe, soit est un culte catholique, soit ne l'est pas. Il n'y a pas de troisième possibilité. Pour qu'une Messe soit catholique, elle doit a) contenir un rite de consécration catholique valide ; b) être offerte par un prêtre catholique validement ordonné qui est en union avec la hiérarchie catholique, et qui est autorisé par cette hiérarchie à offrir la Messe au nom de toute l'Église ; c) contenir des cérémonies catholiques, c'est-à-dire, des cérémonies qui expriment la vérité catholique concernant la Messe. Si l'un de ces éléments fait défaut, ce n'est pas une Messe catholique, et c'est un péché mortel d'y assister.


Si nous nous concentrons uniquement sur la question des cérémonies catholiques, il est clair que la Nouvelle Messe est un culte non-catholique. Ce fait a été démontré au cours des dernières quarante-cinq années maintes et maintes fois, en particulier par Mgr Lefebvre lui-même, qui l'a appelée la Messe de Luther.


Mgr Williamson a raison de dire que Mgr Lefebvre n'a jamais considéré la Nouvelle Messe comme nécessairement invalide. Il l'a considérée, cependant, comme étant une très mauvaise chose pour la raison précise que ses cérémonies n'exprimaient pas la vérité catholique concernant la Messe et le sacerdoce. Cette doctrine a été gravée dans nos têtes par l'archevêque à Ecône. Mgr Williamson le dit lui-même : « C'est un rite conçu pour saper la foi des catholiques, et pour changer leur croyance en Dieu en une croyance en l'homme. »


Le service de communion anglican, par exemple, contient une formule de consécration valide, mais constitue un culte non catholique parce que les prières qui le composent véhiculent l'erreur et l'hérésie concernant le Saint Sacrifice de la Messe et le sacerdoce. La même chose est vraie de la Nouvelle Messe. La même chose est vraie de la Messe de Luther.4


Pour cette raison, depuis 1969, les catholiques du monde entier résistent et rejettent fermement la Nouvelle Messe, même si elle a été promulguée par Paul VI, précisément parce que c'est un culte non catholique. Si c'est un culte catholique, alors pourquoi lui résistons-nous ? Si c'est un culte non catholique, alors comment pourrions-nous y assister ?


On ne peut pas dire que « un rite conçu pour saper la foi des catholiques » est un culte catholique, et agréable à Dieu. C'est une abomination aux yeux de Dieu, et ce fait est la raison même de notre rejet constant depuis des décennies.


Point n°2. La Messe catholique n'est pas premièrement un coup de pouce spirituel. Mgr Williamson, au début de sa réponse, a déclaré comme la règle d'or et la règle des règles absolue : « Faites tout ce que vous devez faire pour nourrir votre foi. »


Rappelons, tout d'abord, que le Saint Sacrifice de la Messe est offert d'abord et essentiellement pour le culte de Dieu, et non pas comme un stimulant de ferveur pour notre vie spirituelle. Il est exact que tout vrai culte de Dieu, même la dévotion à la Médaille Miraculeuse, aura comme effet secondaire l'augmentation de la ferveur et de la dévotion dans nos âmes. Un acte de culte, cependant, n'est jamais principalement ou essentiellement destiné à l'augmentation de la piété personnelle.


Le principe que Mgr Williamson donne ici – « Faites tout ce que vous devez faire pour nourrir votre foi. » – est tout à fait protestant. Pour le protestant tout culte consiste uniquement en un acte intérieur de louange et d'action de grâces à Dieu. L'autel du protestant est son cœur. Son culte est par conséquent tout à fait subjectif, tout comme sa foi. Le but du culte externe des protestants, c'est-à-dire, ce qu'ils font le dimanche dans leurs temples, est d'exciter dans le cœur des sentiments de foi. Pour cette raison, le culte protestant peut varier d'un aspect très catholique, comme celui de la Haute Église Anglicane, à quelque chose de très bas et vulgaire, comme celui des pentecôtistes. Quelle est la règle d'or pour les protestants, qui fait de tout cela un vrai culte à leurs yeux ? Exactement ce qu'a dit Mgr Williamson : « Faites tout ce que vous devez faire pour nourrir votre foi. »


L'affirmation est également moderniste. Le modernisme rend la religion complètement subjective. La religion est votre propre expérience religieuse intérieure, et le dogme doit évoluer en même temps que votre expérience religieuse. Dire à quelqu'un que la règle des règles absolue est de « faire tout ce que vous devez faire pour nourrir votre foi » signifie que notre foi intérieure est ce qui justifie le culte extérieur, quel qu'il soit.


Par conséquent, le moderniste pourrait tout aussi bien dire qu'une Messe avec des ballons de baudruche nourrit sa foi, ou une Messe avec des clowns, ou toute autre sorte d'aberration liturgique.




Pie XII


La position catholique est que ce qui nourrit notre foi, c'est la doctrine catholique. Le pape Pie XII dit dans son encyclique Mediator Dei : « Que la règle de la prière détermine la règle de la croyance. » (n°48), ce qui signifie, comme il l'explique, que la liturgie doit refléter la vérité catholique : « La liturgie est une profession des vérités éternelles. » (ibid . ) Le Pontife dit aussi dans le même paragraphe que la liturgie reçoit sa doctrine des enseignements de l’Église, et qu'il est également juste de dire : « Que la règle de la croyance détermine la règle de la prière. »


La doctrine liturgique catholique, par conséquent, déclare qu'il y a un lien étroit et réciproque entre le dogme catholique et la liturgie catholique. Ainsi, la seule liturgie qui puisse nourrir notre foi, selon Pie XII, est celle qui est déterminée par le dogme catholique.


Comment la Nouvelle Messe pourrait-elle alors nourrir notre foi ? Le seul cas où elle le pourrait est si elle reflétait la vérité catholique, à savoir, comme le dit Pie XII, si elle était « une profession de vérités éternelles. »


Si la Nouvelle Messe était une profession de vérités éternelles, cependant, alors en quoi serait-elle mauvaise, et pourquoi lui résisterions-nous et la rejetterions-nous ?


Mais elle ne constitue évidemment pas une profession de vérités éternelles, comme chacun le sait, et en particulier Mgr Williamson, qui a dit : « C'est un rite conçu pour saper la foi des catholiques, et pour changer leur croyance en Dieu en une croyance en l'homme. »


La conclusion est que Mgr Williamson mélange tout, est totalement incohérent, est contaminé par la pensée protestante et moderniste, et fait tout le travail logique préparatoire pour une réconciliation avec les modernistes, le Fellay-isme qu'il redoute tant.


Point n°3. La position de Mgr Williamson sur la Nouvelle Messe conduit logiquement à la réconciliation avec les Modernistes. Mgr Williamson voit la nouvelle religion et sa Nouvelle Messe comme quelque chose de gris, c'est-à-dire, comme une chose conçue pour détruire votre foi, mais qui, bien comprise, pourrait en fait nourrir votre foi.


Il dit : « Bien que la nouvelle religion soit fausse, soit dangereuse, et étrangle la grâce, et aide beaucoup de gens à perdre la foi, en même temps, il y a des cas où elle peut être utilisée et est utilisée pour édifier la foi. »


Il cite comme preuve de ce principe général les arguments suivants : « Certains prêtres Novus Ordo nourrissent et édifient la foi dans la paroisse Novus Ordo. » « Il y a eu des miracles eucharistiques avec la Messe Novus Ordo. Ils se produisent encore. »


Analysons ces déclarations. Si les prêtres Novus Ordo peuvent nourrir et édifier la foi en étant des prêtres Novus Ordo conservateurs, alors nous devons conclure que l'utilisation révérentielle de la Nouvelle Messe nourrit et renforce la foi. Si cela est vrai, alors certainement l'utilisation de la messe traditionnelle latine dans le contexte de la nouvelle religion édifierait et nourrirait la foi.


Logiquement ce principe conduit à cette conclusion : nous devons rester dans le Novus Ordo, chercher des prêtres conservateurs, aller aux Messes Motu Proprio, et essayer de résoudre les problèmes de l’Église à l'intérieur du Novus Ordo. Cela signifie qu'il n'y a rien d'intrinsèquement mauvais avec la Nouvelle Messe, mais qu'elle devient un moyen de détruire la foi seulement quand elle n'est pas offerte de façon correcte.


Mgr Fellay cherche à incorporer la Fraternité Saint-Pie X dans les structures du Novus Ordo précisément pour travailler de l'intérieur, et contribuer à former une religion Novus Ordo conservatrice, car il n'a pas d'objection intrinsèque à la Nouvelle Messe ou à Vatican II. Mgr Williamson donne à Mgr Fellay sur un plateau d'argent toute la logique nécessaire pour une telle réconciliation, et en même temps détruit le fondement théologique de son propre mouvement de résistance.


Point n°4. Les miracles sont effectués par Dieu seulement en confirmation de la vérité. Mgr Williamson présente quatre miracles eucharistiques, affirmant qu'il y en a d'autres encore, qui ont eu lieu lors d'une Nouvelle Messe. Il fait cela dans le but de prouver que la Messe Novus Ordo a la capacité de donner la grâce et de sanctifier les âmes.


La doctrine catholique est que Dieu n'accomplit des miracles qu'en confirmation de la vérité. Il serait blasphématoire d'affirmer qu'il fait cela en confirmation de l'erreur, car ce serait contre sa sainteté et sa véracité.


Pourtant Mgr Williamson condamne la Nouvelle Messe comme une chose pernicieuse : « L'ensemble de la nouvelle religion - et la Messe Novus Ordo est une partie essentielle de la nouvelle religion - est conçu pour vous éloigner de la foi catholique... » « C'est un rite conçu pour saper la foi des catholiques, et pour changer leur croyance en Dieu en une croyance en l'homme. »


Quelle est, cependant, la conclusion de la défense par Mgr Williamson de l'existence de miracles eucharistiques à la Nouvelle Messe ? La réponse est très simple : La Nouvelle Messe est une sainte Messe catholique qui sanctifie les âmes. Dieu le dit par ses miracles !


Si tel est le cas, alors pourquoi donc résistons-nous à la Nouvelle Messe ? Pourquoi ne pas tout simplement y aller, et s'en contenter ? Selon Mgr Williamson, Dieu a donné son sceau d'approbation à la Nouvelle Messe.


Point n°5. Qui suis-je pour juger ? Mgr Williamson réduit la question de l'assistance à un jugement tout à fait personnel. Pour lui, la Nouvelle Messe et la nouvelle religion en général ne sont pas intrinsèquement mauvaises. Elles le deviennent seulement dans certaines circonstances, à savoir, quand elles menacent votre foi intérieure. Si vous prenez des mesures pour détourner ces dangers, alors la Nouvelle Messe et la nouvelle religion peuvent réellement donner la grâce et sanctifier votre âme.


C'est pourquoi il divorce la décision concernant la participation à la Nouvelle Messe de toute réalité objective, et en fait un choix personnel : « Vous faites vos propres jugements. » « Je dois prendre mes propres décisions dans mes propres circonstances. »


Il a beau se plaindre dans le même discours de la subjectivisation de la morale par Bergoglio, Mgr Williamson ne fait-il pas exactement la même chose ici ? En effet, si la Nouvelle Messe est objectivement un culte non-catholique – et nous tenons fermement que c'est le cas – alors y assister est un péché bien plus grand que celui de la sodomie. Bergoglio prononça son inoubliable « Qui suis-je pour juger ? » à propos d'un prêtre au Vatican qui serait sodomite. Mgr Williamson, en disant que vous devez juger par vous-mêmes, ne détache-t-il pas la participation à la Nouvelle Messe de toute norme objective et claire ?


Nous voyons à nouveau chez Mgr Williamson l'influence protestante et moderniste, en ce qu'il fait de la décision concernant l'acte central du culte catholique un jugement purement subjectif.


Note très bizarre. Alors que j'écoutais attentivement la conférence de Mgr Williamson sur YouTube, j'ai remarqué que, comme il commençait à parler de cette question épineuse, une note a surgi sur la page :


La loi américaine sur le droit d'auteur permet une analyse critique d'une vidéo pour l'utilisation équitable, mais les utilisateurs (Novus Ordo Watch, etc.) qui téléchargent des parties de cette vidéo pour imposer un agenda sédévacantiste sans lier ou créditer la vidéo complète semblent le faire juste pour attaquer Son Excellence. Nous devons tous étudier notre foi et prier pour notre clergé, y compris, en particulier, le Pape [sic] François.


Cette chaîne ne supporte PAS l'erreur sédévacantiste, ni la participation à la Messe Novus Ordo, sauf dans les circonstances évoquées par Mgr Lefebvre, à savoir, une assistance passive lors des funérailles et des mariages.


Tout d'abord, il faut dire que la critique des positions libérales et incohérentes de Mgr Williamson ne promeut en rien la cause du sédévacantisme, mais se borne à souligner l'absurdité de la position qui consiste à reconnaître et résister.


Deuxièmement, personne n'est en train d' « attaquer Son Excellence. » Nous signalons simplement ses erreurs. En effet, au cours des derniers mois il a beaucoup parlé de ses objections au sédévacantisme.


Troisièmement, la « chaîne, » à savoir, les promoteurs de la vidéo, sans doute disciples de Mgr Williamson, lui ont jeté ce qui est pour eux la plus grande des insultes, à savoir, qu'il a contredit Mgr Lefebvre sur cette question, et ils désavouent publiquement la position de Mgr Williamson sur l'assistance à la Nouvelle Messe.


Quatrièmement, ceux qui prétendent que Mgr Lefebvre ne permettait que la participation passive dans certaines circonstances devraient expliquer comment, dans le cadre de l'accord du 5 mai 1988 avec les Modernistes, il accepta d'avoir une Nouvelle Messe offerte à Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris.5



Disons la Vérité : La Nouvelle Messe Tue la Foi.


Au cours des cinquante dernières années, nous avons été témoins du phénomène inconcevable de la perte de la foi de la part d'au moins 90% de ceux qui se disent catholiques. Bien qu'ils conservent encore une appartenance purement matérielle (c-à-d. institutionnelle) à l'Église catholique, ils adhèrent à de fausses doctrines et rejettent de nombreux dogmes catholiques.


Quelle est la cause de cette ruine massive de la foi ? Est-ce que ces centaines de millions de catholiques se sont amusés à lire les documents de Vatican II, ou les encycliques sans fin et incompréhensibles de Jean-Paul II et Benoît XVI ? Est-ce là la raison pour laquelle ils ont perdu la foi ?


Non. La raison pour laquelle ils ont perdu la foi est qu'ils ont assisté chaque dimanche à la nouvelle liturgie destructrice de la foi, dans laquelle la doctrine catholique a été éliminée et remplacée par des hérésies protestantes et modernistes. Pie XII a dit que la liturgie doit déterminer la loi de la croyance, et, en effet, la nouvelle liturgie l'a fait. Cette abomination liturgique a déterminé la loi de l'incrédulité, la loi de l'hérésie.


Il suffit de lire le livre de l'Abbé Cekada, Work of Human Hands, afin de réaliser combien le mal a été versé dans ce qui est maintenant connu comme la Nouvelle Messe.


Cette Nouvelle Messe putréfiée est ce qui a également tué la foi des prêtres qui disaient la Messe. Elle fut pour eux la cause la plus efficace de la perte de la foi. Ils ont, à leur tour, transmis leur contagion de l'incrédulité à leurs paroissiens sous forme de fausse doctrine dans les sermons, les catéchismes, et leur comportement général.


La nouvelle messe est un mauvais arbre qui a porté de mauvais fruits. De bons fruits ne peuvent pas provenir d'un mauvais arbre. De mauvais fruits ne peuvent pas venir d'un bon arbre. Mgr Williamson dit que la Nouvelle Messe produit de bons fruits. Cela signifie que, à ses yeux, elle doit être un bon arbre.



Conclusion


Mgr Williamson est clairement dans la confusion à propos de la nature de la nouvelle religion et de la Nouvelle Messe. Si l'on regarde l'ensemble de la réponse à la question sur YouTube, on le voit zigzaguer sans cesse entre, d'une part, des fulminations condamnant la nouvelle religion et la Nouvelle Messe comme l'œuvre du diable, et, d'autre part, des affirmations selon lesquelles la nouvelle religion « peut nourrir et édifier votre foi » et la nouvelle messe être une source de grâce.


Pourquoi Mgr Williamson est-il ainsi confus ? Parce que Mgr Lefebvre était lui-même confus.



Mgr Lefebvre, homme de contradictions,

qui a donné beaucoup de prêtres au mouvement traditionnel,

mais qui n'a pas su leur donner des principes cohérents de résistance aux modernistes.


Malgré le grand bien que Mgr Lefebvre a procuré en rendant le mouvement traditionnel à la fois populaire et mondial, ainsi que le bien qu'il a fait en ordonnant tant de prêtres pour célébrer la Messe traditionnelle en latin, il a néanmoins fait beaucoup de tort à ce mouvement en ne lui donnant pas une base théologique adéquate.


En août 1987, Mgr Lefebvre écrit une lettre privée à ceux qu'il veut consacrer évêques, en leur disant que « la Chaire de Pierre et les postes d'autorité à Rome sont occupés par des antichrists. » Pourtant, les neuf mois suivants, il est en négociations avec celui qui est à l'époque le Cardinal Novus Ordo Ratzinger afin que sa Fraternité de prêtres soit absorbée dans le Novus Ordo. Le 18 octobre 1987, Mgr Lefebvre dit à un journaliste de 30 days : « Une étape importante a été franchie sur le chemin de la réconciliation, et j'ai espoir. » Le 7 décembre 1987, il dit au journal italien La Stampa : « Le problème est celui des évêques qui sont contre nous et veulent nous expulser des églises. Il y a un mur d'opposition entre nous et il est nécessaire que Rome nous sauve. »


Les négociations avec Ratzinger (un des antichrists) durent tout l'hiver et le printemps.


En mai 1988, il signe un protocole (accord préliminaire) avec Ratzinger, dont les termes de réconciliation stipulent que Jean-Paul II (l'antichrist selon Mgr Lefebvre) nommerait l'évêque à consacrer, parmi les membres de la Fraternité, et, comme signe d'acceptation de la Nouvelle Messe, l'archevêque accepte qu'une Nouvelle Messe soit célébrée à l'église de la Fraternité à Paris.


Le lendemain l'archevêque répudie le document. Il veut absolument l'autorisation de consacrer un évêque le 30 juin. Au cours des huit semaines suivantes, il lance une campagne au vitriol contre Jean-Paul II l'accusant d'être un non-catholique et l'antéchrist.


Le 15 juin, l'archevêque donne une conférence dans laquelle il dit que Jean-Paul II est le pape, mais n'est pas catholique. Il dit que Jean-Paul II est excommunié et en dehors de l’Église, mais qu'il est à la tête de l’Église. Le 16 juin, il exprime à un journaliste son espoir que Jean-Paul II (l'antéchrist, le moderniste, l'excommunié qui est en dehors de l’Église) reconnaîtra ses consécrations.


Le 30 juin 1988, il consacre quatre évêques sans la permission des « antichrists » de Rome. Il donne de nouveau un sermon virulent contre les Modernistes à Rome.


Après la cérémonie, cependant, il dit à un groupe de journalistes que « dans cinq ans tout sera réglé. »


Mgr Lefebvre, comme on peut le voir clairement, était un homme d'auto-contradiction.


Mgr Williamson, qui est un fervent adepte de Mgr Lefebvre, a bien appris de son maître. Il a appris plus que quiconque que Vatican II, la Nouvelle Messe, et la nouvelle religion, sont à la fois catholiques et non-catholiques, sont à la fois acceptables et inacceptables, sont quelque chose à fuir et quelque chose à embrasser.


Mgr Lefebvre et son clergé ont été constants sur un point : ne jamais prendre de position claire, permanente et immuable concernant Vatican II, la Nouvelle Messe, et la nouvelle religion. Pendant les quarante-cinq années de leur existence, ils ont continuellement zigzaguer et fait volte-face sur toutes les questions qui sont à la base du mouvement traditionnel.


A la racine de cette illogique est le refus de considérer les papes de Vatican II comme de faux papes. Car si vous dites que Bergoglio est le pape, vous affirmez que sa religion est catholique. Papauté et foi catholique sont deux choses qui sont intrinsèquement inséparables. Tout le monde le sait. Même le bon sens le dicte.


« Quel accord y a-t-il entre le Christ et Bélial ? » (II Corinthiens VI : 15) Mgr Williamson abhorre les mouvements effectués par Mgr Fellay vers une réconciliation avec les Modernistes. Pourtant, dans cette seule réponse à la question de cette personne, Mgr Williamson établit toute la confusion et l'incohérence qui conduisent à une réconciliation avec le Bélial du Novus Ordo.



1L'ensemble de la conférence est consultable à l'adresse https://www.youtube.com/watch?v=Ma9_10iVBik

2La question exacte était : « En semaine je vais à une Messe Novus Ordo qui est dite d'une façon très digne, où je crois que les prêtres croient qu'ils changent le pain et le vin. »

3Depuis que je connais Mgr Williamson (43 ans), il s'est toujours montré très prompt à croire les récits de miracles, d'apparitions et de messages.

4Tous ces rites contiennent des mots consécratoires du pain valides. Ils ont aussi des formes essentielles valides pour le vin si l'on considère que les premiers mots : « Ceci est le calice de mon Sang ... » sont suffisants pour la validité. Je ne veux pas entrer dans une discussion sur ce point dans cet article. Ce que je veux montrer, c'est que, en dépit d'une consécration valide, une Messe peut être non-catholique en raison de fausses cérémonies entourant le rite essentiel.

5Mgr Lefebvre, le 19 Juin 1988.